La réussite des études dépendrait de l’intelligence émotionnelle tout autant que du QI

quotient emotionnel qi prediction reussite universite couv
| mastaka/Getty Images/iStockphoto
⇧ [VIDÉO]   Vous pourriez aussi aimer ce contenu partenaire

La réussite future est fortement liée, dans notre société, à la réussite scolaire. Si les capacités d’une personne ne rentrent pas dans le modèle académique, celle-ci est vite identifiée comme inadaptée ou n’ayant pas les moyens de réussir à l’avenir. Or, l’introduction relativement récente des quotients émotionnels et sensoriels en plus du quotient intellectuel bouscule cette conception. Récemment, des chercheurs ont démontré que ces derniers avaient tout autant de poids dans la prédiction de la réussite universitaire que le quotient intellectuel.

La réussite des élèves joue un rôle essentiel dans les établissements d’enseignement, car elle est souvent utilisée comme mesure de la performance de l’établissement. La détection précoce des élèves « à risque », associée à des mesures préventives, peut améliorer considérablement leur réussite. Dernièrement, les techniques d’apprentissage automatique ont été largement utilisées dans le but de les prédire et de les identifier précocement.

La réussite, en général, peut être définie comme la capacité des individus à performer quantitativement et qualitativement sur la base d’un ensemble prédéfini de faits et de connaissances. Compte tenu de l’importance de la réussite scolaire dans la réussite future, il y a eu de nombreuses tentatives pour découvrir quels facteurs contribuent à la réussite dans les milieux universitaires.

:: LE T-SHIRT QUI SOUTIENT LA SCIENCE ! ::

Suite à l’introduction du quotient émotionnel (EQ) et du quotient sensoriel (SQ), l’importance des facteurs émotionnels dans la réussite académique a pris de l’ampleur dans la recherche. Malgré le manque d’unanimité parmi les premières tentatives, des opinions plus récentes ont révélé que le niveau de QE peut fortement s’associer et prédire ce que les élèves peuvent accomplir dans un cadre universitaire.

Ainsi, une équipe de chercheurs de l’Université de Ferdowsi de Mashhad (Iran) a voulu déterminer le rôle de l’intelligence psychométrique ou rationnelle (QI), de l’intelligence émotionnelle et de l’intelligence émo-sensorielle (ESQ) dans la réussite académique des étudiants universitaires. L’étude est publiée dans la revue Frontiers in Psychology.

Intelligence, une définition multifacette

L’intelligence a d’abord été liée aux capacités cognitives de la logique et du langage, et le premier test psychométrique d’intelligence a été conçu pour distinguer les enfants présentant des déficits mentaux potentiels liés à l’éducation. Malgré l’absence de consensus parmi les chercheurs sur la conceptualisation de l’intelligence, la plupart d’entre eux considèrent la pensée ou le raisonnement abstrait, la capacité d’acquisition de connaissances et la capacité de résolution de problèmes, comme les éléments clés de l’intelligence.

Après l’introduction de l’intelligence sociale par Thorndike, cependant, les aspects émotionnels et sociaux sont devenus des composantes intégrales de l’intelligence. Cette reconnaissance a conduit à l’introduction du QE par Bar-On en tant que meilleur prédicteur du succès, englobant les compétences nécessaires pour répondre aux exigences de l’environnement social environnant et surmonter les problèmes de la vie.

Plus récemment, l’auteur principal Pishghadam et ses collègues, en 2020, s’appuyant sur le concept d’émotivité, ont adopté une approche combinatoire pour expliquer davantage d’aspects de l’intelligence et ont proposé l’ESQ comme une conciliation entre le QE et le QS. L’idée d’émotivité est définie comme des émotions créées par des expériences sensorielles qui relativisent la cognition. Par conséquent, les chercheurs combinent sens, émotion et cognition pour façonner un concept unifié et construire un pont entre l’expérience ressentie et la réalité physique.

Il faut savoir que l’ESQ postule que l’intelligence est la capacité de reconnaître, d’exprimer, d’étiqueter, de surveiller et de gérer les émotions induites par les sens ; c’est-à-dire que la cognition et la perception ne sont pas uniquement construites par l’intellect ; elles émergent plutôt du mélange de l’émotion et des sens.

Comprendre et gérer ses émotions pour réussir

Dans le but d’éclaircir les impacts respectifs de ces composantes de l’intelligence sur la réussite des étudiants, les auteurs ont invité 212 étudiants universitaires de différents niveaux universitaires, dont 154 femmes et 58 hommes, à remplir les matrices progressives de Raven, le Bar-On Emotional Quotient Inventory et l’Emo-Sensory Intelligence Scale. Les données ont ensuite été associées aux moyennes des notes des élèves en tant que mesure de leur réussite scolaire.

En ce qui concerne la relation entre le QE et la réussite universitaire, les réponses des participants au test Bar-On du QE ont révélé que le niveau global de QE des élèves et sa sous-composante d’humeur générale étaient fortement et positivement corrélés avec la réussite universitaire, et avaient une validité prédictive significative. C’est-à-dire que les étudiants ont tendance à mieux performer en milieu universitaire lorsqu’ils peuvent comprendre et réguler fonctionnellement leurs émotions.

En plus d’autres facteurs non cognitifs comme le courage, le travail acharné et le souci du détail, l’intelligence émotionnelle permet aux étudiants de s’épanouir sur le plan scolaire. Elle régule mieux l’anxiété ou l’ennui face aux tests, permet de mieux gérer les problèmes sociaux et d’établir des relations avec les enseignants — toutes des compétences qui augmentent les chances de réussite scolaire.

trois types intelligence reussite
Représentation schématique des relations entre les trois types d’intelligence (QI, QE et ESQ) et la réussite scolaire (AA). © R. Pichghadam, et al. 2022

Néanmoins, il a été constaté que le QI des étudiants est plus fortement associé et peut mieux prédire leur réussite scolaire par rapport aux autres types d’intelligence analysés dans cette étude. On peut en conclure que dans les systèmes éducatifs traditionnels comme celui de l’Iran, l’accent est toujours mis sur la compréhension stéréotypée de l’intelligence, qui est la représentation de la capacité cognitive ou du QI. Cette tendance se manifeste dans les pratiques d’enseignement et de tests, qui supposent que les étudiants ayant des niveaux de QI plus élevés ont de meilleures chances de réussite.

De surcroit, pour les auteurs, il est sous-entendu que d’autres types d’intelligence, tels que le QE, sont encore nouveaux dans le contexte iranien et doivent être davantage ciblés par le système éducatif afin que cette capacité soit également développée et contribue encore plus à la réussite académique.

Source : Frontiers in Psychology

Laisser un commentaire