D’habitude, les articles au sujet de l’environnement sont plutôt négatifs et ont malheureusement un certain effet démoralisateur. Aujourd’hui, nous avons une bonne nouvelle à vous annoncer : elle concerne la couche d’ozone, notre couche protectrice contre le rayonnement solaire. L’ozone est produit par les UV agissant sur les molécules de dioxygène à haute altitude. Elle renvoie une partie du rayonnement solaire et n’en laisse passer qu’environ 50 %. De ce fait, son rôle protecteur est essentiel pour la vie sur Terre.

Le dernier rapport d’évaluation scientifique sur l’appauvrissement de la couche d’ozone réalisé par les Nations Unies, montre que les mesures prises en vertu du protocole de Montréal (aussi connu sous le nom d’amendement de Kigali) sont efficaces, et ont entraîné une diminution à long terme de l’abondance atmosphérique de substances réglementées qui appauvrissent la couche d’ozone.

Cela constitue un certain soulagement encourageant, qui montre dans une certaine mesure que des coopérations et réglementations internationales strictes peuvent mener à des changements positifs significatifs.

ozone evolution 1979 2008

Comparaison de la couche d’ozone (dégradation) entre 1979 et 2008. Les couleurs représentent des unités Dobson. Crédits : NASA’s Earth Observatory/Trust My Science

En 1987, après que l’Homme ait compris que bon nombre des produits chimiques utilisés dans les aérosols, les systèmes de climatisation, les réfrigérateurs et les solvants industriels érodaient la stratosphère de la planète, le protocole de Montréal a été finalisé. Cette nocivité a eu pour effet de créer petit à petit un « trou » dans la couche d’ozone, permettant à des niveaux nocifs de rayons ultraviolets de pénétrer dans la troposphère.

L’accord international a contraint le monde entier à commencer à éliminer progressivement les substances nocives pour la couche d’ozone, telles que les chlorofluorocarbures (CFC), les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) et les halons.

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Un rapport similaire à celui-ci est publié tous les quatre ans, documentant le rétablissement de la couche d’ozone. L’édition 2018 révèle que les niveaux d’ozone dans certaines parties de la stratosphère se sont rétablis à des taux allant de 1 à 3%, et ce depuis les années 2000.

Si cette récupération se poursuit comme prévu, l’ozone de l’hémisphère nord et des latitudes moyennes devrait être entièrement rétablie d’ici 2030, selon le rapport. Concernant l’hémisphère sud, la guérison totale a été estimée pour 2050. Viennent pour finir les régions polaires, avec un rétablissement complet prévu pour 2055-2060.

Ceci en dépit du fait que les émissions mondiales de CFC-11 (trichlorofluorométhane) ont augmenté de manière imprévue depuis 2012. En conséquence, le déclin des concentrations mondiales entre 2014 et 2016 n’a été que deux fois plus rapide qu’entre 2002 et 2012.

« Le protocole de Montréal est l’un des accords multilatéraux les plus réussis de l’histoire pour une simple et bonne raison » a déclaré Erik Solheim, directeur du bureau de l’ONU pour l’environnement, dans un communiqué de presse. « Le mélange judicieux de science faisant autorité et d’action collaborative qui définit le protocole depuis plus de 30 ans, et qui était censé permettre la guérison de notre couche d’ozone, est précisément la raison pour laquelle l’amendement de Kigali est si prometteur pour l’action climatique à l’avenir ».

Si le protocole de Montréal est ratifié en 2019, les révisions permettront d’ajouter des objectifs et des délais spécifiques pour identifier des solutions de remplacement des hydrofluorocarbones (HFC) respectueuses de l’environnement, qui empêcheront également les pays ayant accepté l’accord de pratiquer le commerce de substances contrôlées avec ceux qui ne l’ont pas encore accepté. Cela aura aussi comme effet d’encourager les pays les plus riches à fournir une aide financière aux pays pauvres pour la transition vers des produits plus écologiques.

Selon les experts, cela pourrait « constituer la plus grande contribution réelle que le monde ait jamais apporté dans le but de maintenir la hausse de température mondiale au-dessous de 2 degrés Celsius », comme le prévoyait l’accord de Paris. Selon le rapport, un réchauffement planétaire allant jusqu’à 0.4% durant ce siècle pourrait être évité, simplement en se conformant à l’amendement de Kigali.

Sources : ONU (le rapport)UN News

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