Le réseau Ethereum entame une mise à jour majeure pour réduire son coût énergétique de 99%

mise à niveau Ethereum
| Pixabay
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Comme les autres cryptomonnaies, l’Ethereum a été vivement critiquée pour son empreinte énergétique particulièrement élevée : la blockchain génère environ 50 à 60 millions de tonnes de CO2 par an. Son créateur, Vitalik Buterin, a donc entamé une mise à jour, baptisée The Merge, visant à diminuer drastiquement ce coût énergétique. La validation des transactions reposera désormais sur un nouveau processus nécessitant jusqu’à 99% d’énergie en moins qu’à l’heure actuelle.

Le basculement est opéré cette semaine, entre aujourd’hui et jeudi, par des centaines de programmeurs à travers le monde. Il s’agit de la plus grande mise à jour d’Ethereum depuis sa création, en juillet 2015. Si la technologie a jusqu’à présent été essentiellement utilisée pour créer des produits financiers spéculatifs, ce changement pourrait redorer le blason d’Ethereum. Une blockchain plus « verte » est susceptible de gagner en acceptabilité auprès de décideurs politiques et des régulateurs.

« Cela pourrait à son tour donner un coup de pouce à la volonté des institutions financières traditionnelles de développer des services basés sur l’ethereum », a déclaré la banque ING à TechXplore. The Merge introduit une nouvelle manière d’enregistrer les transactions. Actuellement, les « mineurs » utilisent des ordinateurs extrêmement énergivores pour résoudre les calculs complexes qui leur permettent de gagner des Ethers — un mécanisme de consensus connu sous le nom de « preuve de travail ». Le nouvel Ethereum mettra fin à cette compétition entre mineurs : un seul validateur sera sélectionné pour effectuer l’opération.

De la preuve de travail à la preuve de participation

Ethereum est la deuxième plus grande cryptomonnaie après le Bitcoin (un Ether vaut un peu moins de 1700 euros à ce jour). Toutes deux, à l’instar des autres cryptomonnaies, consomment énormément d’énergie, car le minage — soit le processus par lequel les transactions sont vérifiées, enregistrées et sécurisées dans la blockchain — nécessite d’utiliser de puissants ordinateurs capables de résoudre des opérations complexes, qui fonctionnent 24h/24.

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C’est le principe de la méthode de validation par preuve de travail (ou proof of work) : les mineurs fournissent au réseau de la puissance de calcul pour mettre à jour la base de données décentralisée via l’ajout de nouveaux blocs. Pour ce faire, ils doivent chiffrer l’ensemble des transactions d’un bloc, ainsi que les transactions chiffrées de la chaîne de blocs précédente. Le premier mineur à résoudre ce problème cryptographique est récompensé, ils sont donc tous en compétition les uns avec les autres.

Avec The Merge, Ethereum bascule vers une autre méthode de validation : la preuve de participation, aussi appelée preuve d’enjeu (proof of stake). Alors que la preuve de travail demande aux utilisateurs d’exécuter plusieurs fois les algorithmes de hachage ou de résoudre des énigmes mathématiques pour valider les transactions, la preuve d’enjeu implique de prouver la possession d’une certaine quantité de cryptomonnaies pour pouvoir prétendre à la validation de blocs supplémentaires, et toucher éventuellement une récompense. Concrètement, les « validateurs » devront débourser 32 Ethers (soit environ 54 400 euros) pour participer à ce nouveau système.

L’avantage ? La preuve d’enjeu requiert des machines bien moins puissantes, qui peuvent même être hébergées chez n’importe quel particulier (on est donc complètement à l’opposé des « fermes de minage »). En théorie, l’approche permet donc d’améliorer la décentralisation et la sécurité du réseau Ethereum.

Le processus a commencé en décembre 2020, avec la mise en route de la « Beacon Chain », qui a permis aux développeurs de travailler sur la nouvelle blockchain sans toucher au réseau principal. La fusion des deux branches va être effectuée cette semaine. À noter que la blockchain initiale existera toujours tant que des mineurs et des développeurs la sécuriseront ; elle devrait néanmoins rapidement disparaître au profit d’Ethereum 2.0.

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Une opération particulièrement risquée

« Une étape technologique monumentale », c’est en ces termes que la société de blockchain Consensys a décrit la procédure en cours Le basculement de la blockchain n’est en effet pas aisé à réaliser et certains critiques s’attendent à quelques incidents. Dans le doute, plusieurs bourses et sociétés de cryptomonnaies ont déclaré qu’elles interrompraient les transactions pendant tout le processus de fusion.

À noter que si la mise à niveau se déroule sans encombre, l’Ethereum sera toujours confronté à des obstacles majeurs, qui l’empêchent d’avoir la même notoriété que le Bitcoin. Globalement, le secteur des cryptomonnaies n’a pas la meilleure des réputations : il est caractérisé par de fortes fluctuations de prix — et actuellement, à une baisse durable, faisant craindre un nouvel hiver crypto — des failles de sécurité et une multitude d’escroqueries.

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Ethereum, en particulier, a déjà fait preuve de certaines faiblesses par le passé. Un an après son lancement, en juillet 2016, un fonds d’investissement en Ethers (nommé TheDAO) a subi une cyberattaque majeure qui a contraint l’équipe d’Ethereum à reprogrammer la chaîne de blocs pour inverser les effets du piratage et re-créditer le fonds d’investissement des fonds. Environ 15% des mineurs d’Ether ont refusé d’implémenter ce changement à l’époque, ce qui a conduit à la création de deux blockchains distinctes.

Au mois de mars 2022, le réseau Ronin — un système de cryptomonnaies sur lequel s’appuie le jeu vidéo très populaire « Axie Infinity » — a lui aussi subi une attaque majeure. Des failles de sécurité ont permis aux pirates de dérober plus de 173 000 éthers et plus de 25 millions d’USDC. C’est l’un des casses de cryptomonnaies le plus important de l’histoire. Au mois de mai, ce n’est pas un vol mais une surcharge qui a mis à mal Ethereum : un afflux d’acheteurs provoqué par un nouveau projet NFT a eu raison du réseau, qui s’est retrouvé hors ligne pendant trois heures.

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Outre les nouveaux problèmes de sécurité que pourrait engendrer cette transition vers Ethereum 2.0, cette mise à niveau pourrait entraîner une certaine forme de rébellion des sociétés de cryptomonnaies, dont les activités seront nécessairement impactées. Elles pourraient notamment essayer de détourner le processus ou de créer un hard fork, une blockchain plus petite, qui reposerait sur l’ancien mécanisme. Un nouveau mouvement, EthPoW, qui vise à promouvoir ce hard fork, fait déjà beaucoup parler de lui.

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