Nous nous considérons comme les espèces les plus intelligentes sur Terre, et pourtant, des études montrent que depuis presque un demi-siècle, notre moyenne de QI est en chute libre.

En 1998, l’American psychological association avait publié sous forme résumée les recherches effectuées par le politicien et enseignant en sciences politiques à l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande), James Flynn. Il a démontré qu’au début du 20ème siècle, la moyenne de QI mondiale des humains augmentait à chaque décennie de 3 à 5 points.

Cette tendance a donné naissance au terme l’effet Flynn, auquel on pourrait donner comme définition simple : la moyenne de QI d’un échantillon de population sera toujours inférieure à celle de sa descendance.

Or, de récentes recherches effectuées par des chercheurs du centre Frisch de l’Université d’Oslo ont révélé que pour les générations nées au milieu des années 70, la moyenne de QI a soudainement stagné, et que depuis, elle ne cesse de diminuer.

L’équipe a obtenu ces données à partir de tests de QI effectués par le service militaire en Norvège, pour les jeunes hommes de 18 et 19 ans, nés entre 1962 et 1991, ce qui correspond à trois décennies différentes. Ils ont pu analyser plus de 730’000 tests.

Les résultats sont loin d’être réjouissants : les individus nés après 1975 montrent une perte de 7 points de QI en moyenne par génération.

James Flynn lui-même avait fait ce constat en comparant des tests de QI d’adolescents britanniques en 2008, à ceux effectués en 1980.

« Alors que nous avons enrichi l’environnement cognitif des enfants avant leur adolescence, celui des adolescents eux-mêmes ne l’a pas été », a déclaré Flynn.

Il est important de préciser que la recherche du groupe d’Oslo a été effectuée sur un large, mais unique échantillon, et pour le même pays. Néanmoins, cette expérience soutient la théorie déclarée par Flynn sur le rôle de l’environnement.

L’étude montre aussi que le recul du QI observé au service militaire se produit aussi entre les recrues de la même famille, que ce soit un frère ou un fils, ce qui prouve que ce déclin n’est pas dû à des facteurs démographiques, comme par exemple une possibilité de gènes désavantageux dans des régions précises.

Les chercheurs supposent que l’évolution de l’environnement culturel en serait à l’origine. Pour eux, le mode de vie ainsi que l’éducation des enfants a tellement évolué durant cette période, qu’elle s’est même dégradée. De même que leurs occupations, comme par exemple la lecture, qui est de moins en moins pratiquée, remplacée dans la majorité des cas par les réseaux sociaux, la télévision (qui n’a pas bonne réputation sur les effets cognitifs qu’elle pourrait engendrer).

Cependant, Charlotte lytton, journaliste pour the telegraph, pense que les méthodes utilisées pour le calcul du QI sont obsolètes, car la manière de penser et réfléchir n’est plus identique entre les générations récentes et celles du début et de la moitié du 20ème siècle. Le test QI devrait être remplacé par un autre, qui ne se base pas uniquement sur « l’intelligence fluide », c’est-à-dire la faculté de réfléchir sur de nouveaux problèmes avec logique, sans lien avec des connaissances acquises ou l’expérience.

Il est important de noter que l’effet Flynn s’inverse principalement dans les pays industrialisés. Ceux en voie de développement continuent de montrer une hausse du QI, coïncidant avec leur rattrapage sur les pays développés. Espérons qu’il sauront assurer la survie de notre espèce au cas où l’on venait à sombrer dans un chaos intellectuel dans les siècles à venir.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences

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