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La Russie déploie sa première arme hypersonique

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L'arme hypersonique Avangard en plein lancement, entrée en service vendredi dernier. | Russian Defense Ministry Press Service via AP

Selon le ministre russe de la Défense, un nouveau missile intercontinental capable de voler à 27 fois la vitesse du son (soit plus de 33’000 km/h), est officiellement opérationnel depuis vendredi dernier. La nouvelle a premièrement été annoncée à Vladimir Poutine, qui voit la capacité de frappe nucléaire de son pays encore renforcée avec cette arme, baptisée Avangard.

Poutine a décrit l’arme hypersonique Avangard comme une percée technologique comparable au lancement du premier satellite soviétique en 1957. La nouveau missile russe, ainsi qu’un système similaire mis au point par la Chine, ont troublé les États-Unis, qui ont alors réfléchi à leurs stratégies de défense.

L’Avangard est placé au sommet d’un missile intercontinental, mais contrairement à une ogive de missile ordinaire qui suit un chemin prévisible après la séparation, il peut effectuer des manœuvres brusques dans l’atmosphère en direction de la cible, ce qui rend l’interception beaucoup plus difficile.

Le ministre de la Défense, Sergei Shoigu, a informé Poutine que la première unité de missiles équipés du véhicule hypersonique Avangard est entrée en service. « Je vous félicite pour cet événement historique pour les militaires et la nation toute entière », a déclaré Shoigu plus tard lors d’une conférence téléphonique avec les principaux chefs militaires.

Le chef des Forces de missiles stratégiques, le général Sergei Karakayev, a déclaré lors de l’appel que l’Avangard avait été mis en service avec une unité dédiée dans la région d’Orenbourg, dans le sud des montagnes de l’Oural.

Poutine a dévoilé l’Avangard parmi d’autres systèmes d’armes potentiels lors de son discours en mars 2018, notant que sa capacité à effectuer des manœuvres rapides sur son chemin vers une cible rendra la défense antimissile actuelle « inutile ». « Il se dirige vers une cible comme une météorite, comme une boule de feu », avait-il déclaré à l’époque.

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De nouveaux matériaux capables de supporter des températures extrêmes

Le leader russe a noté qu’Avangard est conçu en utilisant de nouveaux matériaux composites pour résister à des températures allant jusqu’à 2000 degrés Celsius, résultant d’un vol dans l’atmosphère à des vitesses hypersoniques.

L’armée a déclaré que l’Avangard est capable de voler 27 fois plus vite que la vitesse du son (soit à plus de 33’000 km/h) et de porter une charge nucléaire allant jusqu’à 2 mégatonnes.

Poutine a déclaré que la Russie a développé l’Avangard et d’autres systèmes d’armes potentiels en raison des efforts américains visant à concevoir un système de défense antimissile qui, selon lui, pourrait éroder la dissuasion nucléaire de la Russie. Moscou s’est d’ailleurs moqué des affirmations américaines selon lesquelles son bouclier antimissile n’était pas destiné à contrer les arsenaux de missiles de la Russie.

Plus tôt cette semaine, Poutine a souligné que la Russie est ainsi devenue le seul pays doté d’armes hypersoniques. Il a noté que, pour la première fois, le pays est en tête dans le développement d’une toute nouvelle classe d’armes, contrairement au passé où elle rattrapait seulement les États-Unis.

Un tir d’essai réussi

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En décembre 2018, l’Avangard a été lancé depuis la base de Dombarovskiy, dans le sud de l’Oural, et a atteint avec succès une cible d’entraînement sur le champ de tir de Kura au Kamchatka, à 6000 kilomètres de là.

Le lancement de décembre 2018 :

Les médias russes ont indiqué que l’Avangard serait d’abord monté sur des missiles balistiques intercontinentaux RS-18B de construction soviétique, nommés SS-19. Ils devraient ensuite être installés sur le futur missile balistique intercontinental lourd Sarmat, après sa mise en service.

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Le ministère de la Défense a déclaré le mois dernier qu’il avait présenté l’Avangard à une équipe d’inspecteurs américains dans le cadre des mesures de transparence dans le cadre du traité sur les armes nucléaires New Start avec les États-Unis. À savoir que l’armée russe avait précédemment commandé une autre arme hypersonique, bien que d’une portée moins grande.

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Le Kinjal (un missile aérobalistique air-sol hypersonique à haute précision), qui est transporté par des avions de chasse MiG-31, est quant à lui entré en service l’année dernière. Poutine avait déclaré que ce missile vole 10 fois plus vite que la vitesse du son, a une portée de plus de 2000 kilomètres et peut transporter une ogive nucléaire ou conventionnelle. L’armée a déclaré qu’elle était capable de toucher à la fois des cibles terrestres et des navires de la marine.

La Chine a testé son propre véhicule hypersonique, censé être capable de voyager au moins à cinq fois la vitesse du son. L’arme, appelée Dong Feng 17 (ou DF-17), a été présentée lors d’un défilé militaire marquant le 70e anniversaire de la fondation de l’État chinois.

Une couche de capteurs satellites pour une détection précoce des lancements hypersoniques

Les responsables américains ont discuté du fait de placer une couche de capteurs dans l’espace afin de détecter plus rapidement les missiles ennemis, en particulier les armes hypersoniques.

L’administration des États-Unis prévoit également d’étudier l’idée de baser les intercepteurs dans l’espace, afin que le pays puisse frapper les missiles ennemis entrants durant les premières minutes de vol, alors que les moteurs d’appoint sont toujours en marche.

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Il faut savoir que le Pentagone a également travaillé sur le développement d’armes hypersoniques au cours des dernières années, et le secrétaire à la Défense Mark Esper a déclaré en août qu’il pensait que « c’était probablement une question de quelques années » avant que les États-Unis n’en possèdent une à leur tour. Il a qualifié cet effort militaire de prioritaire, alors que l’armée travaille à développer de nouvelles capacités de tir à longue portée.

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