Il paraît logique de penser que les probabilités d’une mort naturelle grimpent en vieillissant. Or, une étude démontre qu’à un certain âge (que bon nombre d’entre nous n’atteindrons probablement pas), celles-ci n’augmenteraient plus, laissant suggérer que la longévité humaine n’a peut-être pas encore montré ses limites.

De nombreuses statistiques montrent qu’à partir de 50 ans, les chances de décéder l’année d’après sont trois fois plus hautes que lorsqu’on a 30 ans. À 60 ans, elles doublent tous les huit ans, et à 100 ans, celles-ci sont de seulement 60%. Toutefois, il semblerait qu’elles n’augmentent plus à partir de 105 ans.

De précédentes recherches sur des organismes tels que les mouches à fruits et les nématodes ont montré que leurs chances de décès atteignaient un plateau à un certain âge. Cependant, jamais de telles recherches n’avaient été effectuées chez les humains, les données étant beaucoup moins précises et moins faciles à obtenir que pour des animaux gardés en laboratoire.

Elisabetta Barbi, démographe de l’Université de Rome « La Sapienza », et ses collègues, ont effectué une recherche sur la question en utilisant des données compilées à l’institut national de statistique en Italie, qui incluaient aussi les résidents du pays ayant vécu au moins 105 ans entre 2009 et 2015. Ils ont obtenu un échantillon de 3836 personnes faisant partie de cette catégorie.

Après des analyses, ils firent un constat intriguant : le taux de mortalité plafonne chez les personnes ayant au moins 105 ans. Ce qui signifie par exemple qu’une personne âgée de 112 ans aura autant de chances d’être encore vivante pour ses 113 ans qu’une personne de 105 ans pour ses 106 ans.

« C’est une importante preuve que s’il y a une limite maximum de la durée de vie humaine, nous n’en sommes pas encore proches », a déclaré Kenneth Wachter, statisticien de l’Université de Californie à Berkeley, et co-auteur de l’étude.

De nombreuses personnes attribueraient une grande longévité uniquement au mode de vie, comme la nutrition ou l’activité physique. Selon le groupe de recherche, il est possible que le plateau soit dû au fait que les personnes les plus fragiles meurent bien avant, ne laissant plus que les plus « résistants », qui peuvent vivre plus longtemps, probablement grâce à des avantages génétiques.

Mais une étude ayant pour objectif de déterminer ces facteurs pourrait permettre à l’avenir de trouver des moyens d’augmenter davantage la longévité chez les personnes plus jeunes.

Même si Wachter certifie qu’il s’agit des données disponibles les plus fiables, du fait que l’Italie conserve précautionneusement les archives de ses résidents, cette recherche laisse sceptiques d’autres démographes, comme Leonid Gavrilov de l’université de Chicago, qui se méfie de leur qualité.

Il souhaiterait par exemple en savoir davantage sur les individus exclus de l’échantillonnage, du fait que leur âge n’a pas été confirmé, et si cela n’a pas biaisé la recherche. « Ce papier ne réglera pas le débat, mais l’enflammera davantage », déclare-t-il.

Néanmoins, si leurs interprétations des données s’avèrent correctes, le record de longévité, qui est pour l’instant détenu par une française décédée à l’âge de 122 ans, aurait de fortes chances d’être battu dans les années à venir.

Source : Science

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.