La semaine de quatre jours, testée auprès de 3300 employés britanniques, prouve son efficacité

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Cela fait des années que des tests ont lieu régulièrement autour de la fameuse idée de la semaine de quatre jours. Au Royaume-Uni, une expérimentation à l’échelle de 3300 employés vient d’arriver à mi-parcours. Bilan : une expérience positive pour les employés comme pour les entreprises.

Il s’agit de l’une des expérimentations à la plus grande échelle jamais menée sur la semaine de travail de quatre jours. Elle a été dirigée par 4 Day Week Global, une communauté à but non lucratif, en collaboration avec plus de 70 entreprises. La communauté est associée à l’Université d’Oxford, et plus particulièrement au Centre de recherche sur le bien être. Des chercheurs de Cambridge University, Boston College et Oxford University collaborent également au projet.

L’idée était de proposer à 3300 employés de travailler quatre jours dans la semaine au lieu de cinq, sur une période de six mois, tout en conservant le même salaire et les mêmes avantages. L’expérimentation vient d’arriver à mi-parcours, après trois mois de tests. Pour le moment, les résultats semblent plus que positifs, du côté des entreprises comme des employés. Selon le collectif, 88% des personnes interrogées ont déclaré que la semaine de quatre jours fonctionnait « bien » pour leur entreprise à ce stade de l’essai. 46% des répondants déclarent que la productivité de leur entreprise s’est « maintenue à peu près au même niveau », tandis que 34 % déclarent qu’elle s’est « légèrement améliorée ». Enfin, 15 % déclarent qu’elle s’est « considérablement améliorée ».

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Autrement dit, pour 95% des structures concernées, la productivité n’a pas été affectée de façon négative. D’ailleurs, 86% des répondants ont également déclaré qu’à ce stade de l’essai, ils seraient « extrêmement susceptibles » et/ou envisageraient « probablement » de conserver la politique de la semaine de quatre jours après la période d’essai.

Des données encourageantes

« Les organisations du projet pilote du Royaume-Uni fournissent des données et des connaissances en temps réel qui valent leur pesant d’or. En substance, ils jettent les bases de l’avenir du travail en mettant en pratique une semaine de quatre jours, dans toutes les tailles d’entreprises et presque tous les secteurs, et en nous disant exactement ce qu’ils trouvent au fur et à mesure », explique Joe O’Connor, de 4 day Global, dans un communiqué de presse.

De plus, les entreprises ont également signalé une transition relativement douce de la semaine de travail traditionnelle de cinq jours à celle de quatre jours. Sur une échelle de 1 étant « extrêmement difficile » à 5 étant « extrêmement fluide », 4 Day Week Global a constaté que 98% des personnes interrogées ont évalué la transition vers la semaine de travail de quatre jours à 3 ou plus.

Bien entendu, l’expérimentation ne va pas sans quelques aléas. « Pour certains, il y a des obstacles compréhensibles – en particulier parmi ceux qui ont des pratiques, des systèmes ou des cultures relativement fixes ou inflexibles qui remontent bien au-delà du siècle dernier », explique Joe O’Connor. Il assure pourtant que l’expérience s’est avérée positive pour la grande majorité des entreprises.

Côté employés, les gains psychologiques de la semaine de quatre jours semblent également avérés. « Il y a là aussi des gains de bien-être en plus des avantages écologiques de ces pratiques de travail à domicile et potentiellement une semaine de travail de quatre jours », expliquait Jan-Emmanuel De Neve, directeur du Centre de recherche sur le bien-être de l’université d’Oxford, en mai 2020. « Lorsque vous regardez ce qui rend les gens heureux avec leur travail ou satisfaits de la vie en général, la recherche a montré que l’équilibre travail-vie personnelle joue un rôle important ».

Quelques points de vigilance avaient toutefois été soulevés, rapportés notamment dans cet article d’Euronews : pour rester productifs, les employés ont tendance à moins socialiser entre eux. « Nous n’avons pas constaté de baisse de productivité, mais certaines des choses qui peuvent être sacrifiées sont des opportunités pour l’équipe d’être plus sociaux. Nous devons être plus proactifs en veillant à ce que les gens passent suffisamment de temps ensemble pour établir des relations productives solides », avait ainsi déclaré Paddy Lambros, responsable des ressources humaines et des talents de l’entreprise technologique Sensat, au début de l’expérimentation.

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