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Des anthropologues de l’Université d’Oxford ont découvert ce qu’ils considèrent être les sept règles morales universelles, qui se retrouvent dans toutes les sociétés à travers le monde. Selon les chercheurs, les voici : aider la famille, aider la communauté, rendre les faveurs, être courageux, se référer aux instances supérieures, répartir les ressources de manière équitable et respecter la propriété des autres.

Des études précédentes ont déjà examiné certaines de ces règles morales à certains endroits de la planète, mais aucune ne les a toutes examinées lors d’une aussi grande étude, comprenant un très vaste échantillon représentatif de différentes sociétés.

Cette nouvelle étude, menée par Oliver Scott Curry, Daniel Austin Mullins et Harvey Whitehouse, est l’enquête interculturelle la plus vaste et la plus complète jamais réalisée sur la question de la morale.

L’équipe de recherche, de l’Institut d’anthropologie cognitive et évolutive d’Oxford (appartenant à la School of Anthropology & Museum Ethnography) a analysé les données ethnographiques d’éthique de 60 sociétés différentes à travers le monde. « Le débat entre les universalistes moraux et les relativistes moraux fait rage depuis des siècles, mais nous avons maintenant des réponses à apporter. Les gens partout à travers le globe font face à un ensemble de problèmes sociaux similaires et utilisent un ensemble similaire de règles morales pour les résoudre. Comme prévu, ces sept règles morales semblent être universelles dans toutes les cultures. Tout le monde partage un code moral commun. Tous conviennent que coopérer et promouvoir le bien commun est la bonne chose à faire », a déclaré Oliver Scott Curry, auteur et chercheur principal de l’étude, de l’Institut d’anthropologie cognitive et évolutive.

Cette étude a notamment testé la théorie selon laquelle la morale a évolué pour promouvoir la coopération et que, du fait qu’il existe de nombreux types de coopération, il existe également de nombreux types de morales. Par exemple, la « morale en tant que coopération », permet d’expliquer pourquoi nous ressentons le besoin de prendre soin de nos familles et pourquoi nous avons horreur de l’inceste. Le mutualisme explique pourquoi nous formons des groupes et des coalitions (nous nous sentons plus forts à plusieurs, et il y a également un sentiment de sécurité lorsque nous ne sommes pas seuls), c’est donc pourquoi nous valorisons l’unité, la solidarité et la loyauté.

L’échange social explique pourquoi nous faisons confiance aux autres, rendons service en échange, ressentons de la culpabilité et de la gratitude, faisons amende honorable, et pourquoi nous pardonnons. Et la résolution des conflits explique pourquoi nous nous livrons à des démonstrations coûteuses de prouesses telles que le courage et la générosité, pourquoi nous nous en remettons à nos supérieurs, pourquoi nous divisons les ressources de manière équitable et pourquoi nous reconnaissons la possession antérieure.

Dans un premier temps, la recherche a révélé que ces sept comportements coopératifs étaient toujours considérés comme bons et justes. Puis, l’étude a permis de mettre en lumière des exemples de la plupart de ces mœurs, qui ont été retrouvés dans la grande majorité des sociétés étudiées par les chercheurs.

Un élément très important est qu’il n’y a littéralement aucun contre-exemple à cette étude : aucune des sociétés n’a considéré ces valeurs morales comme mauvaises ou injustes. Et, troisièmement, ces mœurs ont été observées avec une fréquence égale sur tous les continents : ils n’étaient pas l’apanage exclusif de « l’Ouest », ni d’aucune autre région d’ailleurs.

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Par exemple, parmi les Amhara d’Éthiopie : « faire fi de l’obligation de parenté est considéré comme une déviation honteuse ». En Corée, il existe une « éthique communautaire égalitaire [d’assistance] mutuelle et de coopération entre voisins [et] une forte solidarité au sein du groupe ». Chez les Maasaï : « ceux qui s’accrochent aux vertus guerrières sont toujours très respectés ». Et encore, par exemple, les Bemba manifestent « un profond respect pour l’autorité des anciens ».

Cette vaste étude a également mis en évidence une « variation ». En effet, bien que toutes les sociétés s’accordent sur les sept règles morales fondamentales, leur manière de les hiérarchiser varie.

Selon le co-auteur de l’étude, Harvey Whitehouse, les anthropologues sont particulièrement bien placés pour répondre aux questions de longue date concernant les universels moraux, ainsi que le relativisme moral. « Notre étude se base sur des descriptions historiques de cultures du monde entier ; ces données ont été recueillies avant et indépendamment du développement des théories que nous étions en train de tester. Les travaux futurs permettront de tester des prédictions plus précises en rassemblant de nouvelles données, encore plus systématiquement, sur le terrain », explique Whitehouse. « Nous espérons que cette recherche contribuera à promouvoir la compréhension mutuelle entre les individus de différentes cultures », a ajouté Curry.

Source : Current Anthropology

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