Et si les néandertaliens ne s’étaient pas éteints ?

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| Clemens Vasters
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Découvert en 1856, l’Homme de Néandertal est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale, jusqu’à il y a 40 000 ans. Mais s’ils vivaient à nouveau parmi nous, comment se passerait cette cohabitation ? Les néandertaliens ont un ancêtre commun avec les Dénisoviens, qui eux-mêmes partagent un ancêtre avec l’Homme moderne. Par conséquent, nous partageons avec eux quelques caractéristiques. Pour autant, parviendraient-ils à survivre aujourd’hui ?

L’ADN de l’Homme de Néandertal est identique à 99,7% au nôtre, et les chercheurs affirment que certains humains pourraient posséder jusqu’à 3% de son génome. Mais du point de vue de l’apparence physique, les différences sautent aux yeux : les néandertaliens étaient de corpulence souvent très massive et robuste (90 kg pour 1,65 m en moyenne pour les hommes) ; leur petite taille et leurs membres plus courts — qui réduisent la déperdition de chaleur — étaient parfaitement adaptés aux climats froids de la dernière glaciation.

De même, ils possédaient de plus larges cavités nasales, afin d’inhaler un maximum d’air pour répondre à leurs besoins énergétiques plus élevés (du fait de leur corpulence et de leur activité de chasseurs). Leur crâne était plus allongé et comprenait un bourrelet sus-orbitaire ; leur cerveau était, quant à lui, plus volumineux que celui de l’Homme moderne, ce qui leur aurait permis de communiquer les uns avec les autres. Ils étaient malgré tout très loin des capacités cognitives d’Homo sapiens ; en 2010, des chercheurs ont même émis l’hypothèse que cette infériorité cognitive était la cause de leur extinction. Pourraient-ils trouver leur place dans notre société moderne ?

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Une co-existence qui s’est mal terminée

On estime à environ 8,7 millions le nombre d’espèces d’eucaryotes vivant sur la Terre, dont 2,2 millions d’espèces marines. Des millions d’espèces différentes d’animaux, de champignons et de plantes cohabitent ainsi sur notre planète. Mais nous sommes actuellement la seule et unique espèce du genre Homo. Que se passerait-il si les néandertaliens faisaient leur retour parmi nous ?

Malgré leurs nettes différences physiques, comme le fait d’être plus petit et d’avoir un crâne plus long, nous pourrions avoir finalement quelques points communs avec eux en matière de comportement. Pour commencer, ils s’installent en communautés familiales et font preuve d’altruisme (ils s’occupent des malades et des personnes âgées). Si on les croyait pendant longtemps exclusivement carnivores, de récentes études suggèrent que leur régime alimentaire était plutôt diversifié, en cohérence avec leur comportement de chasseur-cueilleur ; grâce à leur maîtrise du feu, ils cuisaient même les végétaux !

Ils pratiquaient l’art et ont également fabriqué des outils sophistiqués qui auraient été utilisés dans diverses situations, de la chasse à la construction navale ; les experts ont retrouvé des preuves suggérant que certains outils étaient dotés d’un manche. En outre, les néandertaliens sont les premiers à avoir instauré les rites funéraires et les sépultures — comme le montrent les ossements d’un enfant datant d’il y a 40 000 ans, retrouvés sur le site de La Ferrassie. Plus récemment, des chercheurs ont découvert que les capacités des néandertaliens étaient capables d’entendre et de produire une forme de communication orale semblable à celle d’Homo sapiens.

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En résumé, de plus en plus de preuves montrent que les néandertaliens n’étaient pas des êtres si archaïques que cela. Ils constituaient en quelque sorte une version « bêta » de l’Homme moderne. Il se trouve qu’ils ont même coexisté pendant environ 5000 ans avec Homo sapiens, en Europe — les Eurasiens modernes possèdent 1 à 3% d’ADN de Néandertal dans leur génome. L’une des hypothèses avancées pour expliquer leur disparition est d’ailleurs liée à cette « cohabitation » : les deux genres étaient en compétition pour occuper les terres et exploiter les ressources alimentaires. Or, Homo sapiens a rapidement surpassé les néandertaliens en nombre et certains spécialistes pensent que ces derniers auraient même pu être éliminés lors de violents conflits entre les deux peuples.

Une adaptation peu probable à la société moderne

Et s’ils ne s’étaient en réalité jamais complètement éteints ? Et s’ils avaient évolué d’une manière ou d’une autre en tant qu’espèce distincte de la nôtre ? Malgré leurs capacités de communication et d’artisanat, la sélection naturelle a d’ores et déjà prouvé que nous sommes nettement supérieurs à eux. Dans le cas contraire, nous aurions sans doute hérité d’une proportion plus importante de leur génome.

Fort heureusement, nous y avons échappé, car les quelques gènes qu’ils nous ont transmis ne sont pas toujours bénéfiques : si certains influencent les caractéristiques de la peau et des cheveux de l’Homme moderne, d’autres sont associés à des gènes affectant le diabète de type 2, la maladie de Crohn, le lupus, la cirrhose biliaire et le comportement tabagique ! Plus récemment, il a été montré que certaines régions génomiques héritées des néandertaliens réduisent le risque de développer une forme sévère de la COVID-19, tandis que d’autres, au contraire, sont associées aux formes graves de la maladie.

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Quoi qu’il en soit, de par leur profil génétique et leurs faibles capacités cognitives, leurs chances de survivre parmi nous sont maigres : si les premiers humains modernes ne les avaient pas fait disparaître, les néandertaliens seraient probablement devenus des citoyens « de seconde zone » — à l’instar des espèces animales, que l’Homme a toujours considérées comme des êtres inférieurs à lui.

Les limites de leur intelligence les empêcheraient sans doute de s’intégrer pleinement dans la société moderne. En outre, nos « besoins » sont bien trop éloignés des besoins primaires auxquels ils avaient pour seul objectif de répondre. Leurs différences les conduiraient-ils toutefois à établir leurs propres communautés, afin de pouvoir exister indépendamment de notre société en développement ?

Il est difficile de prédire exactement comment une espèce qui s’est éteinte il y a environ 30 000 ans se comporterait aujourd’hui. Mais grâce aux restes d’une femme de Néandertal retrouvés dans la grotte de Vindija, dans l’actuelle Croatie, les scientifiques ont réussi à séquencer presque entièrement son ADN. Ainsi, ils disposent aujourd’hui de suffisamment de données génétiques pour pouvoir recréer artificiellement un être néandertalien — du moins, en théorie.

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