Les supercentenaires possèderaient des gènes empêchant les dommages de l’ADN

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La supercentenaire Edelgard Huber von Gersdorff avait 112 ans au moment de cette photo (2018). | Europe Direct

Quel est le secret génétique des individus vivant plus de cent ans ? Pourquoi la majorité de la population est-elle destinée à craindre le développement d’un cancer passé la cinquantaine tandis que certaines personnes n’en sont jamais concernées, même après 100 ans d’existence ? Selon une nouvelle étude, des variantes génétiques qui contribuent à prévenir les mutations de l’ADN et à réparer les dommages engendrés ont été découvertes chez des semi-supercentenaires et des supercentenaires — dont l’âge est d’au moins 105 et 110 ans respectivement —, expliquant leur longévité hors norme.

Les dommages causés à l’ADN se produisent tout au long de notre vie. Ils ont de nombreuses causes, notamment le rayonnement solaire (UV) et les radiations naturelles, ainsi que des composés nocifs appelés radicaux libres générés par le métabolisme normal des cellules.

« Les mécanismes de réparation de l’ADN sont extrêmement efficaces chez ces personnes (les supercentenaires) », explique Claudio Franceschi, de l’université de Bologne, en Italie. « C’est l’un des mécanismes de base les plus importants pour prolonger la durée de vie ».

Les gènes des centenaires sont étudiés depuis longtemps par les chercheurs enquêtant sur le « vieillissement sain », mais les travaux de l’équipe de Franceschi sont les premiers à séquencer tous les gènes, ou le génome entier, d’un groupe de personnes aussi important. Ils ont séquencé l’ADN de cinq supercentenaires et 76 semi-supercentenaires d’Italie, en les comparant à 36 personnes plus jeunes de la même région, dont l’âge moyen était de 68 ans.

Cinq variantes clés protégeant l’ADN du vieillissement

L’équipe a découvert que cinq variantes génétiques étaient plus fréquentes chez les personnes extrêmement âgées, ce qui modifiait l’expression de trois gènes. Les résultats ont été reproduits dans une deuxième cohorte indépendante de 333 centenaires italiens et 358 témoins géographiquement appariés. Ces variantes étaient également plus fréquentes dans ce deuxième groupe, dont les gènes avaient été analysés dans une étude précédente. Les résultats de la dernière étude ont été publiés dans la revue eLife.

Selon des travaux antérieurs, les variantes devraient collectivement réduire le nombre de mutations s’accumulant dans les cellules en combattant les radicaux libres, en coordonnant la réponse des cellules aux lésions de l’ADN et en encourageant la destruction des cellules endommagées. L’équipe de Franceschi a constaté que les semi-supercentenaires présentaient effectivement moins de mutations survenues au cours de leur vie dans six des sept gènes clés analysés.

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Si les lésions de l’ADN ne sont pas réparées, les cellules peuvent devenir cancéreuses et contribuer à d’autres pathologies qui raccourcissent la durée de vie, telles que les maladies cardiaques et cérébrales, comme la maladie d’Alzheimer, explique Mette Sørensen, de l’université du Danemark du Sud, qui n’a pas participé aux travaux. « Les résultats sont tout à fait conformes à la façon classique de penser les maladies liées au vieillissement », conclut-il.

Source : eLife

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