La surpopulation finira-t-elle par tous nous tuer ?

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Considérée comme un problème majeur pour l’équilibre de notre planète, l’augmentation de la population inquiète. Nous sommes 7,9 milliards d’individus et pourrions atteindre les 11,2 milliards en 2100. Quelles sont les conséquences de la surpopulation sur notre qualité de vie ? Le nombre d’individus sur Terre est-il vraiment le problème principal pour l’avenir de la planète bleue ? Les avis divergent.

La surpopulation (ou surpeuplement) est une notion relative qui désigne un excès du nombre d’individus par rapport à des ressources disponibles, ou par rapport à des normes (logement, classes). Ce nombre d’individus excède alors la capacité de charge de son habitat à fournir les ressources nécessaires pour assurer la pérennité de l’espèce, et à réparer les agressions infligées à son environnement (la pollution par exemple).

Des données chiffrées incertaines

En matière de chiffres, nous sommes environ 7,9 milliards d’êtres humains en 2022 et pour comprendre l’évolution de la population mondiale, il faut remonter dans le passé. 200 000 ans auront été nécessaires pour atteindre 1 milliard d’individus, puis seulement 200 ans pour les 7,9 milliards que nous représentons. Avec les progrès de qualité de vie, nous vivons de plus en plus longtemps et la population augmente d’année en année. En effet, il y a toujours plus de naissances que de décès dans le monde. Pourtant, l’accroissement de la population devrait décélérer, car les familles ne sont plus aussi nombreuses qu’avant.

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D’après les dernières projections pour la population mondiale de l’ONU (révisées tous les deux ans), la Terre devrait être peuplée par environ 9,8 milliards d’individus en 2050 et 11,2 milliards en 2100. Dans certains pays, la croissance démographique se poursuivra, car la tendance à diminuer la fécondité a débuté plus tard qu’en Europe, en Asie et en Amérique. C’est le cas de l’Afghanistan, de l’Inde et du Pakistan, et d’autres pays situés sur le continent africain.

Population projection

En réalité, ce ne sont que des projections et les différents scénarios ne s’accordent pas. Une étude prédit que nous serions environ 2 milliards de moins que prévu par l’ONU en 2100. Le déclin serait lié au plus grand accès à la contraception et à la meilleure éducation sexuelle partout dans le monde.

Conséquences de la surpopulation sur l’environnement et sur l’humain

« Dépasser ces limites planétaires risque de conduire à des modifications brutales, non linéaires et difficilement prévisibles qui pourraient être catastrophiques pour l’humanité », écrit dans la revue Projet Sandrine Paillard, chercheuse en économie. « Neuf ensembles de processus planétaires ont été identifiés à ce jour, pour lesquels les scientifiques proposent, et précisent au fur et à mesure de l’avancement de leurs travaux, des indicateurs et des valeurs limites de perturbation anthropique ». Des scientifiques qui veillent au grain pour limiter les dégâts.

Parmi les conséquences possibles, le changement d’usage des sols demeure un facteur clé du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité. « Les activités humaines auraient d’ores et déjà causé le franchissement des limites planétaires pour le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biochimiques de l’azote et les changements d’usage des terres. Quant à l’utilisation de l’eau douce, l’acidification des océans et la perturbation des cycles du phosphore, elles seraient proches des seuils limites ».

Évidemment, un excès d’individus sur la planète pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les ressources alimentaires disponibles et sur l’accroissement de la pollution. Même si les catastrophes naturelles n’ont pas toutes de lien avec la surpopulation (comme les séismes et les tsunamis), c’est le cas de la plupart (comme les cyclones), dont les conséquences désastreuses seraient augmentées.

D’autre part, pour nourrir la population mondiale, il faudrait développer une agriculture de plus en plus intensive et industrielle. En conséquence, la libération de composés néfastes (CO2, méthane, nitrates) pour l’environnement et pour l’Homme, car il y aurait davantage de maladies transmissibles de l’animal à l’humain. Et ce n’est pas tout pour nous et en particulier pour les plus pauvres, plus susceptibles de développer des maladies par manque de soins de santé. Avec la mauvaise répartition des richesses, les pays où la croissance démographique continuerait présenteraient par ailleurs une faible espérance de vie.

Dans ce scénario catastrophe, nous manquerions de nourriture de qualité et d’eau. Avec l’épuisement des ressources de l’or bleu, le rejet d’eaux usées sans traitement et les décharges d’ordures, l’hygiène pourrait devenir problématique. En outre, les taux de criminalité pourraient aussi être augmentés par la pauvreté.

Le problème n’est-il pas ailleurs ?

La communauté scientifique nous invite à revoir à la baisse nos consommations individuelles (combustibles fossiles, viande, etc.), mais aussi à diminuer autant que possible le nombre de naissances. Pourtant, certains chercheurs soulignent le fait que chaque humain n’a pas la même influence sur son environnement, et que ce n’est finalement pas tant le nombre d’individus que le mode de vie de chacun qui présente un impact pour notre avenir.

Ainsi, il faut savoir qu’un Africain pollue vingt fois moins qu’un Nord-Américain et que 10% des personnes les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de CO2 (selon un rapport de l’ONG Oxfam de décembre 2015). « Non seulement les habitants les plus pauvres de la planète (moins de 4,40 dollars par jour) sont les moins responsables du changement climatique, mais ils sont en général les plus vulnérables face à ses conséquences et les moins préparés pour l’affronter », indique l’Oxfam. Par exemple, le Bangladesh compte parmi les pays les plus pauvres et les plus peuplés au monde, et est régulièrement touché par des cyclones et inondations dévastatrices, alors que son empreinte carbone est très faible.

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Exemple de pays où vit la moitié la plus pauvre de la population et indication de leur empreinte carbone due à leur de mode de consommation. © Oxfam

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Si certains s’alarment d’une population qui s’accroît plus vite que les ressources disponibles, d’autres comme le regretté écologiste Pierre Rabhi pointent davantage du doigt leur mauvaise répartition : « Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5e des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas », confiait-il à Basta!.

Des chercheurs autrichiens considèrent qu’il serait possible de nourrir 9 ou 10 milliards d’êtres humains à l’horizon 2050, en réduisant les impacts environnementaux. « La transformation de nos modes de production et d’organisation économique est porteuse de progrès majeurs en ce qui concerne toutes les limites planétaires », continue l’économiste Sandrine Paillard. Selon elle, ces transformations seraient « porteuses de progrès environnementaux beaucoup plus considérables qu’une réduction de la pression démographique sans modification de nos modes de vie, de production et d’organisation ».

Ainsi, même si la pression démographique est réelle, elle ne doit pas pour autant éclipser les problèmes liés à nos surconsommations et aux conséquences qu’elles engendrent. La question de la surpopulation est globale, et plusieurs paramètres entrent en compte pour la gérer.

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