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La fonte accélérée des glaces polaires, la recrudescence des incendies naturels ou le ralentissement des courants océaniques, font partie des conséquences les plus remarquables du changement climatique. Cependant, des conséquences plus « silencieuses » doivent aussi être considérées. C’est ce qu’ont démontré des chercheurs suédois en montrant que le système immunitaire de nombreux animaux, notamment les oiseaux, dépend de leur environnement de prédilection et du climat qui y règne. Ainsi, le changement climatique pourrait faire émerger de nouvelles maladies que le système immunitaire des animaux serait susceptible de ne pas pouvoir gérer. 

Des chercheurs ont pour la première fois trouvé un lien entre le système immunitaire de différentes espèces d’oiseaux et les diverses conditions climatiques dans lesquelles ils vivent. Les chercheurs de l’Université de Lund en Suède estiment que, tandis que le climat change, certains oiseaux peuvent être exposés à des maladies qu’ils ne sont pas équipés pour gérer.

Les résultats de l’étude, publiée dans la revue PRSB : Biological Sciences, indiquent que l’évolution a calibré le système immunitaire d’un certain nombre d’espèces d’oiseaux sur des millions d’années, leur permettant de faire face à des maladies spécifiques à l’environnement et au climat particuliers dans lesquels elles vivent.

Un système immunitaire potentiellement vulnérable au changement climatique

Le changement climatique rapide augmente le risque que ces systèmes immunitaires sur mesure soient insuffisants, et pas seulement chez les oiseaux. Emily O’Connor, l’une des biologistes à l’origine de l’étude, pense que les résultats pourraient également s’appliquer à certains autres animaux, car les gènes du système immunitaire qu’ils ont examinés sont communs à tous les vertébrés.

« L’évolution peut ne pas être en mesure de ‘suivre’ le changement climatique. Il existe un risque que de nombreux animaux ne soient tout simplement pas en mesure de faire face aux changements dans le nombre et le type d’agents pathogènes auxquels ils seront exposés », explique-t-elle.

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Nombre d’allèles histocompatibles complexes (diversité allélique) en fonction des précipitations (A) et de la température (C). Les données montrent que le génome immunitaire dépend directement du climat. Crédits : Emily A. O’Connor et al. 2020

Lorsque le climat change et, par exemple, l’Europe du Nord devient plus chaude et plus humide, des maladies qui n’existaient pas auparavant dans les climats tempérés pourraient commencer à apparaître. Cela peut présenter un défi pour certains animaux.

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Emily O’Connor et ses collègues ont étudié 37 espèces d’oiseaux différentes vivant dans différentes régions climatiques. Ils ont étudié la diversité des gènes du système immunitaire de chaque espèce, ce qui influence leur efficacité à combattre les maladies.

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Un génome immunitaire directement lié à l’environnement et son climat

Ils ont également examiné la température et les précipitations pour les différentes régions de 1901 à 2017. De cette façon, ils ont démontré que la diversité des gènes du système immunitaire d’une espèce est liée au climat dans lequel elle vit.

Les espèces qui vivent toute leur vie dans les régions tropicales, les zones riches en précipitations et qui ne bougent pas, ont les gènes de système immunitaire les plus variés. Cette grande diversité permet à ces espèces de résister à plus d’agents pathogènes.

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Nombre d’allèles histocompatibles complexes (diversité allélique) en fonction du caractère résident ou migratoire (A) et du climat (B). Crédits : Emily A. O’Connor et al. 2020

Les oiseaux migrateurs qui passent leurs hivers dans les régions tropicales et se reproduisent dans les climats tempérés, ont un système immunitaire similaire à celui des oiseaux résidents européens. Selon les chercheurs, cela pourrait être dû au fait qu’ils sont capables d’échapper à la maladie en se déplaçant.

Sources : PRSB : Biological Sciences

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