Les corvées ménagères amélioreraient les performances scolaires des enfants

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Nous n’en avons peut-être pas toujours conscience, mais l’exécution de tâches ménagères au sein du foyer mobilise pas mal de compétences : la mémoire, la capacité à planifier les tâches, à s’autoréguler, ou encore à passer d’une tâche à l’autre. De ce fait, les « corvées » contribuent à améliorer les fonctions exécutives. Pratiquées au plus tôt dans la vie, les tâches ménagères auraient-elles une influence sur le développement cognitif des enfants ? Des chercheurs australiens se sont penchés sur la question.

Tous les membres d’un foyer (en théorie), adultes et enfants, effectuent chaque jour diverses tâches liées au travail domestique, notamment la préparation des repas et le nettoyage. Au-delà de permettre aux individus de vivre dans un endroit propre et de se nourrir correctement, ces activités pourraient avoir des avantages insoupçonnés. En effet, des études ont montré qu’exécuter des tâches domestiques (adaptées à son âge) procurait à l’enfant un sentiment d’autonomie, un meilleur comportement prosocial et plus globalement, une plus grande satisfaction vis-à-vis de la vie.

D’autres études ont montré par ailleurs que les tâches ménagères permettent de maintenir les fonctions exécutives chez les personnes âgées. Les fonctions exécutives désignent un ensemble de processus cognitifs de haut niveau, associés à l’autorégulation et au comportement axé sur les objectifs. Chez les enfants, ces compétences sont encore en développement et peu d’études ont exploré l’influence des tâches ménagères sur leurs fonctions exécutives futures. Deanna Tepper et ses collègues de l’Université La Trobe ont mené une étude sur plus de 200 enfants afin d’examiner les « bienfaits » des corvées.

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Des corvées qui sollicitent plusieurs fonctions cognitives

Cette étude est la première à examiner l’association entre les corvées régulières et le développement cognitif des enfants, en particulier les fonctions exécutives. Ces dernières englobent la mémoire de travail, soit la capacité de surveiller et de manipuler des informations temporaires ; l’inhibition, soit la capacité d’inhiber des réponses automatiques ou de supprimer des informations non pertinentes pour se concentrer sur une tâche ; et le changement, c’est-à-dire la capacité de porter son attention d’une tâche à une autre.

« En règle générale, ces compétences commencent à se développer dans la petite enfance et continuent à se développer jusqu’à la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte », précisent Tepper et son équipe dans la revue Australian Occupational Therapy. L’acquisition réussie de ces compétences dans la petite enfance est associée à de meilleures performances en lecture et en calcul, ainsi qu’à une réussite scolaire globale. À l’inverse, des déficiences ou des retards dans le fonctionnement exécutif peuvent entraîner des difficultés dans la capacité à s’autoréguler, à planifier et à résoudre des problèmes.

À savoir qu’il est possible d’améliorer les fonctions exécutives, en développant des activités et des routines d’apprentissages individualisées mobilisant la mémoire de travail, l’inhibition et/ou le changement. Et il se trouve que les tâches ménagères remplissent parfaitement ce rôle ! Il est donc possible qu’un plus grand engagement dans l’exécution des corvées puisse prédire, voire améliorer les fonctions exécutives des enfants. C’est l’hypothèse sur laquelle repose l’étude de Deanna Tepper.

Les parents (ou responsables légaux) de 207 enfants âgés de cinq à 13 ans, issus de 15 pays différents, ont participé à cette étude. Ils ont été invités à remplir des questionnaires sur le nombre de corvées effectuées quotidiennement par leurs enfants et sur la fonction exécutive de ces derniers. Les tâches liées aux soins personnels (ex. faire son lit), aux soins familiaux (ex. faire la vaisselle, préparer un repas, etc.) et aux soins des animaux domestiques ont été explorées séparément, afin de déterminer quel type de corvée, le cas échéant, prédisait le mieux la fonction exécutive.

Une association qui reste à éclaircir

Après avoir contrôlé l’influence de l’âge, du sexe et de la présence ou de l’absence de handicap, les résultats des modèles de régression indiquent que l’engagement dans les tâches de soins personnels et de soins familiaux prédit la mémoire de travail et l’inhibition de manière significative. Contre toute attente, les tâches liées aux animaux domestiques n’avaient en revanche aucune influence sur ces compétences. « Il est possible que des tâches telles que verser des croquettes ou de l’eau dans un bol ne soient pas suffisamment complexes ou stimulantes pour aider au développement du fonctionnement exécutif », notent les chercheurs.

Les tâches ménagères régulières sont clairement associées à de meilleures fonctions exécutives. Des activités comme la cuisine ou le jardinage peuvent être particulièrement bénéfiques pour les enfants. « Les enfants qui cuisinent un repas familial ou désherbent le jardin régulièrement peuvent être plus susceptibles d’exceller dans d’autres aspects de la vie – comme le travail scolaire ou la résolution de problèmes », a déclaré Tepper dans un communiqué.

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La plupart des corvées exigent des individus qu’ils s’autorégulent, maintiennent leur attention, planifient et passent d’une tâche à l’autre, ce qui favorise le développement du fonctionnement exécutif. Mais les chercheurs soulignent qu’il existe également une association entre la motricité fine et brute et le fonctionnement exécutif, de sorte que l’aspect « physique » de certaines corvées peut également contribuer à cet effet.

L’équipe note toutefois que la directionnalité de la relation n’a pu être déterminée dans cette étude : les tâches ménagères peuvent améliorer les fonctions exécutives, mais il est possible aussi que les enfants présentant des fonctions exécutives robustes soient plus enclins à s’engager dans les tâches ménagères (ou soient davantage sollicités par leur famille). Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour clarifier ce point.

En attendant, l’équipe recommande aux parents d’encourager leurs enfants à participer à des tâches ménagères adaptées à leur âge et leurs capacités pour faciliter le développement de leurs fonctions exécutives.

Source : D. Tepper et al., Australian Occupational Therapy

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