En astronomie, la technologie de pointe commence souvent par un tas de bulldozers, de roches cassées et de camions à benne : il en va naturellement de même pour le télescope géant Magellan (GMT), qui sera le plus grand et le plus puissant au monde lorsqu’il sera fonctionnel.

Les astronomes espèrent utiliser l’observatoire pour étudier l’univers ancien et rechercher des signes de vie extraterrestre. Le projet de construction a débuté au sommet d’une chaîne de montagnes chilienne : « le télescope sera supporté par une structure de télescope spéciale en acier de 1000 tonnes qui sera logée dans une enceinte rotative qui fera 22 étages de haut et 56 mètres de largeur », a déclaré un représentant de GMT.

Le GMT lui-même est en cours de construction à l’observatoire Las Campanas, dans le désert d’Atacama, l’une des régions les plus hautes et les plus sèches de la planète. Ce site offre aux astronomes une vue dégagée du ciel nocturne presque toute l’année.

Afin d’aider à sonder les mystères de l’univers, le nouveau télescope GMT disposera (à terme) de sept miroirs, pesant chacun près de 20 tonnes. Ensemble, leur zone de collecte de lumière aura la taille d’un terrain de basket. Le télescope utilisera également un système « optique adaptatif » basé sur le laser pour mesurer la distorsion causée par l’atmosphère terrestre, corriger les interférences et produire des images plus nettes et plus claires encore.

« Les mirroirs du télescope GMT collecteront plus de lumière que tout autre télescope jamais construit, et la résolution sera la meilleure jamais atteinte », affirme le projet sur son site Web. La qualité des images que produira ce nouveau télescope devrait être à peu près 10 fois supérieure aux images que peut obtenir le télescope spatial Hubble de la NASA.

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Ce que le télescope géant Magellan pourrait découvrir : le télescope géant Magellan vise à étudier les galaxies de l’univers profond mais il pourrait également jouer un rôle majeur quant au questionnement sur le fait de savoir si la vie sur Terre est la seule dans l’univers ou non.

Le GMT suivra la mission spatiale Kepler de la NASA lancée en 2009 déjà et qui a permis de découvrir des milliers de nouveaux mondes : environ 50 d’entre eux sont de la taille de la Terre et peuvent présenter les caractéristiques nécessaires pour soutenir des formes de vie extraterrestres.

Cependant, Kepler a sondé des sections profondes du ciel nocturne : la mission spatiale de la NASA, appelée TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite), balaye à présent environ 85% du ciel pour découvrir des mondes situés à moins de 200 années-lumière de la Terre. Mais la mission TESS n’est équipée que pour détecter d’éventuelles exoplanètes, mais non pour les étudier en détails.

Une autre mission spatiale de la NASA, appelée JWST (soit le télescope spatial James Webb), pourrait être assez efficace pour échantillonner la lumière de l’atmosphère d’une exoplanète après son lancement, soit vers 2021. De telles mesures pourraient permettre de vérifier si une planète de taille similaire à la Terre possède des signes éventuels d’éléments biologiques viables, et voire même de l’air respirable. Malheureusement, le télescope JWST peut ne pas être assez grand pour enregistrer des mesures détaillées d’une planète de la taille de la Terre.

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Voici en quoi le télescope GMT se différencie des autres télescopes astronomiques actuels. Crédits : Cmglee/Wikipédia

Grâce à la qualité de résolution sans précédent que le télescope GMT sera capable d’obtenir, ce dernier pourrait bien « sentir » des atmosphères étrangères : « Lorsqu’une planète passe devant son étoile, un grand télescope au sol comme le GMT, peut utiliser les spectres pour rechercher les empreintes de molécules dans l’atmosphère de la planète en question », a déclaré Patrick McCarthy, l’un des chercheurs principaux du projet.

Cette technique se réfère au mélange de couleurs dans la lumière des étoiles. En effet, lorsque cette lumière traverse l’atmosphère d’une planète, les produits chimiques absorbent et renvoient certaines parties, laissant une trace de leur présence. Un mélange d’oxygène et de méthane, similaire à celui de l’atmosphère terrestre, par exemple, pourrait constituer une « empreinte » de la présence d’une forme de vie sur une exoplanète.

Les chercheurs ont également déclaré que de nouveaux grands et puissants télescopes, tels que le télescope GMT, pourraient être en mesure de déduire les systèmes météorologiques et les caractéristiques de surface des planètes situées à des milliards de kilomètres de la Terre.

Une affaire à suivre !

Source : GMT

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