Un traitement contre le surpoids et l’obésité ultra-efficace approuvé par la FDA

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| Pixabay

La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis vient d’approuver un nouveau traitement contre l’obésité. Nommé Wegovy, ce médicament développé par la société pharmaceutique danoise Novo Nordisk entraînerait une perte de poids de 15% en moyenne et jusqu’à 30% dans certains cas ; un résultat que seule la chirurgie bariatrique pouvait permettre d’atteindre jusqu’à présent ! Jamais un médicament conçu pour réguler le poids n’avait montré une telle efficacité.

Cela fait sept ans que la FDA n’avait pas approuvé de médicament favorisant la perte de poids. Mais ce traitement n’est en réalité pas vraiment nouveau. La substance active qu’il contient, le sémaglutide, est déjà utilisée depuis des années dans la prise en charge du diabète de type 2. Le sémaglutide permet de réduire la glycémie, le poids corporel et la masse grasse. Mais il s’avère que c’est aussi un coupe-faim particulièrement efficace.

Selon le communiqué de la FDA, l’injection de Wegovy (à raison de 2,4 mg, une fois par semaine) peut être utilisée chez les adultes obèses ou en surpoids, présentant au moins une pathologie liée au poids (hypertension artérielle, diabète, etc.). Le traitement doit s’accompagner d’un régime hypocalorique et d’une activité physique accrue.

Un régulateur d’appétit à l’efficacité exceptionnelle

Le surpoids (qui correspond à un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 25) et l’obésité (IMC ≥ 30) se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle, qui représente un risque pour la santé. Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque majeurs pour un certain nombre de maladies chroniques, telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer. C’est un problème majeur de santé publique, au niveau mondial : selon l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de cas d’obésité dans le monde a presque triplé depuis 1975 ; en 2016, 39% des adultes étaient en surpoids et 13% étaient obèses.

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Les États-Unis sont particulièrement touchés par cette épidémie : près de 75% de la population souffre de surpoids ou d’obésité. L’approbation du Wegovy est donc un espoir pour de nombreux Américains. D’autant plus que les résultats obtenus lors de recherches antérieures sur le sémaglutide sont particulièrement encourageants. Une étude publiée au mois de mars, menée sur près de 2000 adultes ayant un IMC ≥ 30, rapporte que les participants ont affiché une perte de poids moyenne de 15% et plus de 30% des participants ont perdu plus de 20% de leur poids initial ! « Aucun autre médicament n’a réussi à produire ce niveau de perte de poids, cela change vraiment la donne », a déclaré à l’époque Rachel Batterham, chercheuse en obésité à l’University College London.

Les essais cliniques visant à évaluer l’efficacité et l’innocuité de Wegovy ont été tout aussi concluants. Quatre essais distincts en double aveugle ont été menés sur une période de 68 semaines, sur environ 4500 patients ; certains ont reçu le traitement, tandis que d’autres ont reçu un placebo. Dans l’une des cohortes, la perte moyenne de poids chez les patients bénéficiant du traitement s’élevait à 12,4%. Le laboratoire Novo Nordisk affirme que dans l’ensemble, une perte de poids moyenne de 17 à 18% a été maintenue pendant plus de 68 semaines chez les personnes obèses (et sans diabète de type 2) ayant reçu Wegovy en parallèle d’un régime alimentaire adapté et d’une augmentation de l’activité physique.

Le traitement Wegovy prend la forme d’une injection hebdomadaire, imitant l’action d’une hormone nommée glucagon-like peptide-1 (ou GLP-1), qui cible les zones du cerveau régulant l’appétit et la prise alimentaire ; il réduit la faim en augmentant la sensation de satiété. La dose du médicament doit être augmentée progressivement sur 16 à 20 semaines jusqu’à 2,4 mg une fois par semaine, pour réduire les effets secondaires gastro-intestinaux — lors des essais cliniques, le traitement a en effet occasionné des nausées, des diarrhées et des douleurs abdominales, d’intensité légère à modérée, mais qui se sont atténuées avec le temps.

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Un remboursement qui s’annonce difficile

À noter que certains participants ont tout de même stoppé leur traitement à cause des effets secondaires. Pour ceux qui ont mené l’expérience à son terme, la transformation était impressionnante. « C’est la première fois que nous observons une perte de poids de cette ampleur avec un médicament », confirme Robert Kushner, expert en obésité de la Northwestern University, qui a supervisé la recherche. Pour des millions d’individus, ce traitement est la promesse d’une alternative à la chirurgie bariatrique.

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Malheureusement, tout le monde ne pourra pas bénéficier de ce médicament apparemment miraculeux : Novo Nordisk n’a pas encore communiqué le prix de son traitement, mais aurait laissé entendre qu’il serait similaire au prix de son médicament Saxenda — un autre médicament favorisant la perte de poids — soit 1300 $ par mois pour qui ne dispose pas d’une assurance santé.

Encore faut-il que toutes les compagnies d’assurance acceptent de le prendre en charge : bien souvent, les traitements considérés comme « améliorant le mode de vie » — en d’autres termes, sans réel intérêt thérapeutique — sont généralement refusés. Or, jusqu’à présent, les organismes subventionnés par le gouvernement (Medicare, Medicaid, Affordable Care Act) ont considéré que les traitements favorisant la perte de poids ne sont pas « médicalement » essentiels — à l’instar de médicaments aidant à arrêter de fumer, ou à lutter contre la chute des cheveux par exemple. Un comble lorsque l’on sait que l’obésité entraîne le décès de près de 3 millions de personnes chaque année dans le monde !

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Novo Nordisk serait actuellement en discussion avec les organismes payeurs pour essayer de changer la donne. Si l’innocuité et l’efficacité du produit se confirment sur le long terme, le médicament sera peut-être un jour accessible à tous. Rappelons toutefois que Novo Nordisk est aussi l’un des trois principaux fournisseurs mondiaux d’insuline, dont le prix a été multiplié par trois ces dix dernières années aux États-Unis, sans raison objective, passant de 230 dollars en 2010 à 730 dollars par mois aujourd’hui ! À tel point que des millions de diabétiques américains ne peuvent plus se soigner…

Source : FDA

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