Selon l’administration Trump, le sexe d’un individu est défini à sa naissance et ne peut être modifié durant la vie. Cependant, il existe de nombreuses anomalies ou maladies causant aux personnes concernés des différences physiques, physiologiques ou comportementales typiques de leur sexe opposé. La promulgation de cette loi risquerait d’engendrer leur discrimination.

Le Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis souhaiterait mettre en place le règlement du sexe « inchangeable ». Selon eux, il serait temps que l’on établisse une définition du sexe appuyée « sur une base biologique claire, fondée sur la science ».

Le département voudrait principalement se fier aux parties génitales de l’individu à sa naissance, et des tests génétiques seraient utilisés en cas d’incertitude.

Cette idée cause l’indignation de la communauté LGBTQ, qui voit également dans cette proposition une attaque contre les transgenres. Une loi permettant de limiter les différents types de sexe pourrait conduire à leur discrimination.

De nombreuses exceptions pourraient compliquer la mise en place de cette loi. En effet, il existe des anomalies chromosomiques ou hormonales qui rendent difficile aux personnes atteintes la reconnaissance de leur sexe durant la vie.

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L’humain possède 23 paires de chromosomes. Chacune de ces paires est composée des mêmes gènes. Elles proviennent d’une copie du chromosome paternel et maternel. La 23ème paire est différente. Chez les femmes, les deux copies sont de la même taille : on les surnomme « XX ». Chez les hommes, l’une est plus petite que l’autre (« XY », Y étant le petit chromosome).

Les caractéristiques physiques et physiologiques des hommes, telle que la formation des testicules qui produisent la plus grande partie des hormones masculinisantes, sont exprimées par ce petit chromosome Y.

La 23ème paire est donc aussi appelée « chromosomes sexuels », car c’est elle qui définit si l’on sera une femme (XX), ou un homme (XY).

Mais il existe des exceptions à cette règle qui causent ce que l’on appelle des intersexuations, défini par l’ONU comme étant des « personnes nées avec des attributs sexuels qui ne correspondent pas aux définitions types des corps masculins ou féminins ».

Les personnes intersexuées peuvent être affectées au niveau des parties génitales, hormonales ou encore à cause d’anomalies durant la division des chromosomes de la 23ème paire lors de la formation des spermatozoïdes et des ovules qui féconderont. Un exemple est le syndrome de Klinefelter, où l’individu est un homme, mais au lieu de n’avoir que 2 chromosomes dans la 23ème paire, il en possède un troisième (X).

Les symptômes principaux sont une faible production de testostérone ou encore une gynécomastie (surdéveloppement des glandes mammaires).

Un autre exemple serait l’hyperplasie congénitale des surrénales, qui cause chez la femme une virilisation de ses organes génitaux, due à une surproduction de certaines hormones. Cependant, cette maladie n’est pas causée par un défaut de la 23ème paire.

« L’administration Trump ne peut pas simplement annoncer et annuler des décennies de science médicale et de décisions de justice », déclare Sean Cahill, directeur d’un institut de recherche en santé LGBTQ. « La plupart des gens tombent dans le binaire homme-femme mais pas tout le monde. Les personnes transgenres existent, les personnes intersexuées existent ».

Car oui, il ne faut pas confondre les personnes intersexuées et les transgenres, ces derniers montrant une non-conformation de leur identité de genre avec leur sexe attribué à la naissance.

Selon l’association américaine de physiologie, le genre fait référence « aux rôles, comportements, activités et attributs qu’une société donnée considère comme appropriés pour les garçons et les hommes, ou les filles et les femmes ».

« La science médicale reconnaît depuis des décennies que, pour les personnes transgenres, le sexe à la naissance ne correspond pas à l’identité de genre actuelle. Il y a une différence entre l’identité de genre et le sexe à la naissance », explique Cahill.

Selon Meerah Shah, une médecin de famille spécialisée dans les soins d’affirmation de genre, le genre de chaque individu est autodéterminé et ce n’est pas aux politiciens, ni aux docteurs, ni aux membres de la familles de le définir.

Tout comme le refus de reconnaître le changement climatique, l’administration Trump risque à nouveau de faire scandale en promulguant une telle loi, qui risquerait de favoriser davantage le rejet ou la haine contre des personnes pour le choix de leur genre, ou encore à cause d’anomalies génétiques qui leur confèrerait des traits atypiques de leur sexe.

Source : New York Times

Une réponse

  1. Boyther

    C’est plutôt une bonne nouvelle.

    Il n’y a que 2 genres chromosomiques chez l’homme et si t’es différent d’un XY ou XX c’est que t’es pas humain.

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