Le variant Omicron se développerait 70 fois plus vite dans les bronches que le Delta

Mais l’infection dans les poumons serait moins sévère.

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| KALHH/Pixabay
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Dans un contexte où les cas de variant Omicron du SARS-CoV-2 augmentent à grande vitesse dans le monde, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète. Une étude menée par des chercheurs à Hong Kong fournit les premières informations sur la manière dont ce nouveau variant infecte les voies respiratoires humaines. Il se multiplierait 70 fois plus vite que le variant Delta dans les bronches, mais l’infection d’Omicron dans les poumons serait plus faible que celle de la souche d’origine.

« Même si Omicron provoque des symptômes moins graves, le nombre de cas pourrait une fois de plus submerger les systèmes de santé qui ne sont pas préparés », avertit le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. L’Afrique du Sud reste de loin le pays africain le plus touché par le virus, surtout depuis l’apparition d’Omicron. Le pays a de fait recensé le plus grand nombre de cas cette dernière semaine avec 122 870 contaminations, selon un décompte de l’AFP à partir de chiffres officiels.

L’étude sur la transmissibilité du variant Omicron a été menée par des chercheurs de la faculté de médecine LKS de l’université de Hong Kong. Elle fait actuellement l’objet d’un examen par les pairs en vue de sa publication.

L’équipe chinoise a constaté que le variant Omicron infecte et se multiplie 70 fois plus vite que le variant Delta du SARS-CoV-2 dans les bronches humaines, ce qui pourrait expliquer pourquoi Omicron peut se transmettre plus rapidement entre humains que les variants précédents. Leur étude a également montré que l’infection d’Omicron dans les poumons est significativement plus faible que celle de la souche d’origine, ce qui pourrait être un indicateur d’une moindre gravité de la maladie.

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Utilisation de cultures ex vivo des voies respiratoires

Pour comprendre pourquoi le variant Omicron est différent des autres en termes de transmission et de gravité de la maladie, l’équipe de chercheurs a exploité des cultures ex vivo des voies respiratoires. Le Dr Michael Chan Chi-wai (chercheur principal au Centre d’immunologie et d’infection du parc scientifique et technologique de Hong Kong) et le professeur John Nicholls ont été les premiers à s’en servir pour étudier des infections virales émergentes depuis 2007, comme la grippe aviaire et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS).

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Plus précisément, cette méthode utilise le tissu pulmonaire prélevé pour le traitement du poumon — normalement mis au rebut — pour étudier les maladies virales des voies respiratoires. Le Dr Chan et son équipe ont réussi à isoler le variant Omicron et se sont servis de ce modèle expérimental pour comparer l’infection de la souche de SARS-CoV-2 de 2020 (Alpha), du variant Delta et de Omicron.

Omicron affecte plutôt les bronches respiratoires

Ils ont alors constaté qu’Omicron se multipliait plus rapidement dans les bronches que la souche d’origine et le variant Delta. 24 heures après l’infection, le variant Omicron s’est répliqué environ 70 fois plus vite que le variant Delta et que la souche Alpha. En revanche, il s’est répliqué moins efficacement (10 fois moins) dans le tissu pulmonaire humain que la souche Alpha, ce qui peut suggérer une gravité moindre de la maladie. En résumé, la souche d’origine touche davantage les poumons, tandis qu’Omicron affecte plutôt les bronches respiratoires.

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© Faculté de médecine LKS de l’Université de Hong Kong (HKUMed)

Les 32 mutations du variant Omicron impactent sa transmissibilité, mais aussi le système immunitaire, comme le rappelle le Dr Chan dans un communiqué : « Il est important de noter que la gravité de la maladie chez l’Homme n’est pas seulement déterminée par la réplication du virus, mais aussi par la réponse immunitaire de l’hôte à l’infection, qui peut entraîner un dérèglement du système immunitaire inné. On note également qu’en infectant un plus grand nombre de personnes, un virus très infectieux peut provoquer une maladie plus grave, même si le virus lui-même est moins pathogène. Par conséquent, si l’on ajoute à cela nos récentes études montrant que le variant Omicron peut échapper partiellement à l’immunité conférée par les vaccins et les infections antérieures, la menace globale que représente Omicron est probablement très importante ».

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