Un « virus zombie » vieux de 48 500 ans revient du permafrost

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| Lucas Vasques/Pixabay
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C’est le plus vieux virus « ressuscité » à ce jour… Des scientifiques sont parvenus à dégeler et faire se reproduire en laboratoire plusieurs virus anciens, préservés pendant des dizaines de milliers d’années dans le permafrost.

Ces virus reviennent de loin… Ils sont au nombre de 13 à avoir été « dégelés » de cette conservation très longue durée, grâce à 7 échantillons différents. Le « permafrost », ou pergélisol, désigne un sol dont la température se maintient en dessous de zéro pendant plus de deux ans. Une équipe de scientifiques français ont décidé d’effectuer des tests en laboratoire sur des virus qui ont été conservés dans cet environnement, en Sibérie, pendant très longtemps. Pour prélever ces échantillons, les chercheurs ont notamment exploré les intestins d’un loup de Sibérie, et les restes d’un mammouth laineux.

Le plus « jeune » de ces virus a été conservé pendant 27 000 ans, alors que l’aîné de toute cette petite famille de ressuscités arbore pas moins de 48 500 ans au compteur. Un âge avancé qui constitue un record, affirment les scientifiques. Leurs travaux ont pour le moment seulement été publiés dans une revue de prépublication, BioRxiv. Ils attendent donc d’être relus par des pairs.

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Lors de travaux précédents, ils étaient parvenus à travailler sur des virus âgés de « seulement » 30 000 ans. Lors de leurs tests, tous les virus se sont montrés capables d’infecter des cellules. Très concrètement, cela signifie que le dégel potentiel du pergélisol constitue bel et bien une menace pour la santé des êtres vivants, humains inclus.

« En raison du réchauffement climatique, la fonte irréversible du pergélisol libère de la matière organique gelée jusqu’à un million d’années, dont la majorité se décompose en dioxyde de carbone et en méthane, renforçant encore l’effet de serre », affirment les chercheurs. « Une partie de cette matière organique est également constituée de microbes cellulaires ressuscités (procaryotes, eucaryotes unicellulaires) ainsi que de virus restés en sommeil depuis la préhistoire ».

De plus, les scientifiques affirment qu’il pourrait même être possible de « ramener à la vie » des virus bien plus anciens. En effet, le pergélisol le plus ancien aurait plus d’un million d’années : il ne s’agit d’ailleurs que d’une estimation, puisque les méthodes de datation standard au carbone 14 ne fonctionnent pas au-delà de 50 000 ans. Qui sait, donc, ce qui peut bien s’y cacher.

Une menace immédiate pour les rennes

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Sur une échelle de temps plus immédiate, certains animaux font déjà les frais de ce dégel bactériologique : « le retour périodique des épidémies d’anthrax dévastant les populations de rennes a été lié au dégel plus profond de la couche active du pergélisol à la surface du sol pendant des étés exceptionnellement chauds » : des spores centenaires de Bacillus anthracis, qui proviennent d’anciens cimetières ou de carcasses d’animaux, sont ainsi déjà amenées à refaire surface.

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Caractéristiques morphologiques permettant l’identification précoce des virus nouvellement isolés. (A) La grande particule ovoïde (1000 nm de long) des Pandoravirus avec son ostiole caractéristique à l’apex (pointe de flèche blanche). (B) Un mélange de particules de Pandoravirus et de particules icosaédriques de Megavirus présentant une « porte des étoiles » (structure blanche en forme d’étoile de mer couronnant un sommet, pointe de flèche blanche). (C) La particule allongée d’un Cedratvirus (1500 nm de long) présente deux structures en forme de bouchon au sommet (pointes de flèches blanches). (D) La particule allongée d’un Pithovirus (1900 nm de long) présente une seule structure en bouchon au sommet (pointe de flèche blanche). (E) La grande particule icosaédrique « velue » (770 nm de diamètre) d’un Megavirus, avec sa « porte des étoiles » proéminente (pointe de flèche blanche). (F) La particule icosaédrique, plus petite (200 nm de diamètre), typique des Asfarvirus. © Jean-Marie Alempic et al.

Les virus étudiés par les scientifiques appartiennent majoritairement à la famille des « pandoravirus » : il s’agit de virus « géants », qui agissent sur des organismes unicellulaires, appelés « amibes ». Les chercheurs soulignent le fait que de très nombreux virus inconnus pourraient bien être en sommeil dans le pergélisol…

Toutefois, ils se montrent plus ou moins rassurants sur la possibilité de maîtriser les épidémies futures : « on peut raisonnablement espérer qu’une épidémie causée par une bactérie pathogène préhistorique revivifiée puisse être rapidement contrôlée par les antibiotiques modernes à notre disposition, car ils ciblent les structures cellulaires (par exemple les ribosomes) et les voies métaboliques (transcription, traduction ou synthèse de la paroi cellulaire) conservées au cours de l’évolution de tous les phylums bactériens », expliquent-ils ainsi. Toutefois, ils précisent également que « les bactéries porteuses de gènes de résistance aux antibiotiques semblent étonnamment répandues dans le pergélisol »…

Source : BioRxiv

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