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La vitamine D pourrait réduire le risque de développer une forme grave de cancer

vitamine D cancers graves
| Pixabay

Il est reconnu que la vitamine D possède de nombreuses vertus pour la santé humaine. Récemment, elle a été évoquée pour sa capacité à renforcer le système immunitaire et ainsi, à limiter les formes sévères de COVID-19. Des scientifiques lui confèrent aujourd’hui un autre pouvoir : une supplémentation en vitamine D pourrait diminuer le risque de développer un cancer avancé (métastatique ou mortel).

La vitamine D est une vitamine liposoluble, synthétisée par l’organisme sous l’action du rayonnement solaire. Cette origine endogène explique d’ailleurs pourquoi, sous nos latitudes, bon nombre d’individus présentent des carences en vitamine D en hiver, lorsque l’ensoleillement se fait plus rare. À moindre mesure, elle peut également être apportée par l’alimentation, principalement par l’huile de foie de poisson, les poissons dits gras (saumon, hareng, sardine, maquereau, thon, etc.), et les produits laitiers. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, la référence nutritionnelle pour la population est de 15 µg/j pour un adulte.

Cette vitamine joue plusieurs rôles majeurs dans l’organisme. Elle contribue notamment à l’absorption du calcium et du phosphore par les intestins, et assure ainsi le maintien d’une calcémie suffisante. De ce fait, elle garantit la bonne minéralisation du squelette et des articulations, une contraction musculaire efficace, ainsi qu’une bonne transmission nerveuse. Elle est également impliquée dans la régulation hormonale et l’activité des cellules immunitaires. Et depuis plusieurs années, des scientifiques tentent de mettre en évidence son action sur les cellules cancéreuses.

Pas d’influence sur le taux d’incidence

Des études antérieures ont montré que les personnes vivant près de l’équateur, où l’exposition au soleil est maximale — et donc, favorise la production de vitamine D — avaient des taux d’incidence et de mortalité plus faibles dus à certains cancers. De même, lors d’expérimentations sur des cellules cancéreuses in vitro et chez la souris, il s’est avéré que la vitamine D ralentissait la progression du cancer ; elle diminuait le caractère invasif de la tumeur et sa propension à métastaser.

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Des essais cliniques chez l’Homme n’ont toutefois pas permis de corroborer ces résultats de façon catégorique. En effet, il y a deux ans, l’étude américaine VITAL visant à examiner l’action de la vitamine D et des oméga-3 sur l’organisme, a révélé que la vitamine D ne réduisait pas l’incidence globale du cancer. Cette étude s’est déroulée sur une période de cinq ans ; elle comprenait plus de 25’000 participants, âgés de 50 ans ou plus, qui ne présentaient pas de maladie cardiovasculaire ni de cancer lorsqu’ils ont été recrutés.

Cet essai clinique visait à évaluer les effets indépendants des suppléments de vitamine D et d’oméga-3, ainsi que la synergie entre ces deux nutriments. Les participants avaient par conséquent été répartis en quatre groupes, chacun recevant tout ou partie (ou aucun) de ces suppléments : vitamine D (2000 UI par jour) + oméga-3 (1 g par jour), vitamine D + placebo, oméga-3 + placebo, puis uniquement des placebos. Les critères d’évaluation principaux étaient les événements cardiovasculaires indésirables majeurs et l’incidence du cancer.

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Taux d’incidence cumulée des cancers métastatiques et mortels de tout type pour les patients sous placebo et ceux bénéficiant d’une supplémentation en vitamine D. Crédits : P. Chandler et al.

Les résultats n’ont montré aucune différence entre les groupes concernant les taux de cancer. En revanche, les chiffres suggéraient que la vitamine D pourrait entraîner une diminution du risque de décès par cancer. Des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital se sont donc penchés sur ce lien potentiel entre la prise de suppléments de vitamine D et le risque de développer un cancer métastatique ou mortel.

Dans cette nouvelle analyse, basée sur les données de l’essai VITAL, il apparaît que la vitamine D est associée à une réduction globale de 17% du risque de cancer avancé. Mieux : en ne considérant que les données des participants ayant un indice de masse corporelle (IMC) normal, la réduction du risque grimpe à 38%. La masse corporelle serait donc un facteur influençant l’action de la vitamine D.

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Une action conditionnée par l’IMC

Paulette Chandler, médecin et épidémiologiste de la division de médecine préventive de Brigham, et ses collègues ont entrepris d’examiner plus particulièrement la réduction du nombre de décès par cancer et l’apparition de formes graves de cancer chez les participants ayant pris ou non des suppléments de vitamine D. Ils ont également analysé l’influence potentielle des différentes catégories d’IMC (normal, surpoids et obésité) sur l’action de cette vitamine.

Parmi les 25’871 participants à l’étude VITAL, 1617 ont reçu un diagnostic de cancer invasif (sein, prostate, colorectal, poumon, etc.) au cours des cinq années qui ont suivi. Sur les quelque 13’000 participants qui ont reçu de la vitamine D, 226 ont reçu un diagnostic de cancer avancé ; le nombre s’élève à 274 pour le groupe qui a reçu le placebo. En outre, sur les 7843 participants ayant un IMC normal (inférieur à 25) prenant de la vitamine D, seuls 58 ont reçu un diagnostic de cancer avancé (contre 96 dans le groupe sous placebo).

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Proportions d’individus sous vitamine D et placebo ayant développé un cancer métastatique et/ou mortel, par catégories d’IMC (intervalles de confiance à 95%). Crédits : P. Chandler et al.

Les résultats liés à l’IMC pourraient être dus au hasard. Cependant, il existe des preuves antérieures de l’impact de la masse corporelle sur l’action de la vitamine D. Des essais randomisés visant à analyser l’impact de la vitamine D sur le diabète de type 2 ont révélé une meilleure action de la vitamine D chez les personnes de poids normal ; chez les personnes obèses en revanche, la vitamine D n’a montré aucune efficacité particulière. En raison de la dilution volumétrique, les personnes en surpoids ou obésité peuvent avoir besoin de doses plus élevées pour en tirer des bénéfices.

En outre, d’autres études sur des sujets humains et animaux ont mis en évidence le fait que la fonction immunitaire était altérée en cas d’obésité. L’obésité a ainsi été associée à une inflammation chronique et à une dérégulation systémique de la fonction des cellules tueuses naturelles. Cette inflammation pourrait diminuer l’efficacité de la vitamine D en réduisant la sensibilité des récepteurs de cette vitamine, ou bien en modifiant sa signalisation.

La carence en vitamine D est courante chez les patients cancéreux ; une étude rapporte des taux de carence pouvant atteindre 72% ! Au vu de ces nouveaux résultats et des études précédentes sur le sujet, Chandler soutient l’idée que la supplémentation en vitamine D pourrait prévenir le cancer métastatique. Même si les effets de cette vitamine étaient modestes, la supplémentation aux niveaux étudiés est beaucoup moins toxique et moins coûteuse que de nombreuses thérapies actuelles contre le cancer. La spécialiste ajoute qu’il serait intéressant de mener une étude complémentaire pour analyser plus précisément l’influence de l’IMC.

Source : JAMA Network Open, P. Chandler et al.

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