À quel point les mesures de confinement ont-elles permis à la nature de se rétablir ?

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À l’heure où les confinements reprennent dans certains pays — comme l’Espagne et Israël — et sont peut-être imminents dans d’autres, l’impact positif sur la nature et l’environnement de ces mesures strictes est lui aussi à prévoir, à l’image de ce qu’il s’est déjà produit peu de temps après la première vague. Partout sur le web, des images et des vidéos sont devenues virales, montrant à quel point l’environnement semblait se nettoyer rapidement de notre impact et à quel point la nature pouvait vite reprendre le dessus. Récemment, le Musée d’histoire naturelle de Londres a mis quelques chiffres sur ces faits, dans le cadre d’une étude basée sur des observations au Royaume-Uni.

« Les mesures de confinement au Royaume-Uni et dans le monde ont démontré que la qualité de l’air peut s’améliorer rapidement », a déclaré la Dr Carole Helfter, du Centre britannique pour l’écologie et l’hydrologie, dans un nouvel article publié par le Musée d’histoire naturelle de Londres. « Il est important de reconnaître que les gaz à effet de serre durent longtemps, mais les leçons tirées de la pandémie de COVID-19 peuvent aider à façonner les futures stratégies d’atténuation des émissions ».

Par exemple, l’utilisation d’automobiles au Royaume-Uni était de près de 60% inférieure aux niveaux normaux à la fin du mois de mars, réduisant la pollution et rendant les passages routiers beaucoup plus sûrs. Le phénomène a été surnommé « l’anthropause », en réponse à la désignation de notre époque comme l’anthropocène. En France, le secteur automobile s’est effondré depuis le début du confinement, les ventes ayant chuté de 89% en avril.

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Par rapport à 2019, pendant le confinement, les utilisateurs du site web iRecord ont vu 66% d’abeilles, de guêpes, de fourmis et de mouches à scie en plus. Ils ont vu une augmentation moyenne de 33% des écureuils et d’autres rongeurs, ainsi que 13% de cerfs et de mammifères à sabots en plus. Les utilisateurs ont également déclaré avoir vu 143% de chauves-souris en plus, 11% pour les libellules, 97% pour les papillons et papillons de nuit et 18% pour les hérissons, taupes et musaraignes. Crédits : Musée d’histoire naturelle de Londres

Un ciel et des eaux plus clairs

Ailleurs dans le monde, la réduction de la pollution de l’eau a par exemple permis aux habitants de Venise de voir le fond des canaux de la ville, tellement que l’eau était devenue limpide. Le passage incessant des bateaux et gondoles remuant les sédiments, les eaux des canaux se troublent. Mais ce n’était plus le cas pendant le confinement, les rendant donc claires et calmes. Poissons, cygnes et autres oiseaux aquatiques en ont largement profité.

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Vue d’un canal à Venise et ses heureux poissons, durant le confinement en mars. Crédits : Venezia Pulita/Clean Venice @VeneziaPulita (Twitter)

La réduction de la pollution de l’air a quant à elle permis à des millions de personnes de voir l’Himalaya depuis leur ville natale pour la première fois, et a également engendré une augmentation de 8% de la production d’électricité grâce aux panneaux solaires de Dehli.

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De nombreux habitants du Pendjab (nord de l’Inde) pouvaient à nouveau voir les montagnes de l’Himalaya en avril. Une première depuis 30 ans. Crédits : Lizzie Shepherd/Robert Harding Premium/AFP

Moins de vibrations

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Parmi les autres effets couverts par l’étude, il y a la réduction des vibrations causées par les véhicules et la construction dans la majeure partie de la Grande-Bretagne, bien que quelques régions comme le nord de l’Écosse aient en fait connu une augmentation des vibrations du sol. Le confinement a également aidé des instruments scientifiques tels que les détecteurs d’ondes gravitationnelles, qui peuvent être perturbés par des mouvements induits par l’Homme.

La vue d’animaux sauvages inhabituels a été l’un des rares points positifs du début de la pandémie, mais il est difficile de déterminer dans quelle mesure ces changements ont eu lieu. « Il est certain que les animaux ont remarqué que les gens n’étaient tout simplement pas aussi présents. Mais ces animaux ont également été beaucoup plus remarqués par nous, les humains », peut-on lire dans le rapport.

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Une leçon pour l’humanité

Au Royaume-Uni, les rapports d’observations d’animaux sauvages sur le site Web iRecord ont augmenté de 54% par rapport à 2019. En chiffres absolus, les observations de papillons et de mites représentaient la moitié des rapports, mais la croissance la plus rapide était celle des observations de chauves-souris. Sans surprise, les oiseaux de jardin ont été vus plus souvent, il y a eu une forte baisse des observations d’avocettes et de busards des marais, qui nécessitent de se déplacer dans des lieux spécifiques pour être vus. Ces oiseaux étendaient peut-être leur aire de répartition à partir des réserves naturelles, mais pas au point de s’aventurer près des habitations.

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Malgré les incertitudes, « ces données sont extrêmement précieuses pour que les chercheurs puissent mieux comprendre comment les espèces animales et végétales se portent au Royaume-Uni », déclare David Roy, chef du Centre des archives biologiques du UK Centre for Ecology & Hydrology (UKCEH).

Plus largement, les auteurs espèrent que les observations serviront de rappel de la façon dont la planète peut être « endommagée ou guérie » par des changements de l’activité humaine. Bien que le changement climatique se produise à un rythme trop lent pour être grandement affecté par quelques mois de confinement, d’autres effets environnementaux peuvent être observés dans un délai beaucoup plus court.

Source : Natural History Museum

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