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En Chine, les vaccins COVID-19 sont déjà en vente sur le marché noir

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| Pixabay

Alors que les entreprises développant les candidats-vaccins les plus prometteurs contre la COVID-19 viennent d’annoncer un « aperçu » de l’efficacité de leurs produits, en Chine, un nombre croissant de personnes se fait injecter l’un des nombreux vaccins COVID en cours de développement, hors essais cliniques. Et cela malgré le fait que pour le moment, aucun des vaccins en question n’a été officiellement validé comme sûr. Les experts estiment que les risques sont ici plus importants que les avantages.

Bien que l’innocuité et l’efficacité des vaccins candidats chinois n’aient pas été formellement prouvées, les autorités les ont déjà injectés à des milliers de personnes dans tout le pays, apparemment dans le cadre d’une politique d’utilisation d’urgence. Les gens font la queue pendant plusieurs heures pour recevoir une dose, selon le New York Times.

Selon les enquêtes menées par le journal, certains revendeurs illégaux (ayant accès à l’industrie pharmaceutique) facturent l’équivalent de 600 à 1500 dollars pour une seule injection. « Certaines personnes m’ont été particulièrement reconnaissantes de les avoir aidées », a déclaré un revendeur. Un sous-marché illégal très juteux, à en croire ces chiffres, surtout que pour la plupart, deux doses sont nécessaires pour obtenir l’efficacité escomptée.

Des campagnes de vaccination d’urgence accessibles à tous

Mais la plupart obtiennent le vaccin de façon légitime en accédant aux campagnes de vaccination d’urgence, et à des prix bien plus accessibles. C’est notamment le cas d’Ethan Zhang, un traducteur de 26 ans qui a reçu sa première dose pour 30$. Ce sont ses amis qui l’ont informé qu’une campagne de vaccination était en cours dans la ville de Yiwu, dans l’est de la Chine.

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Cependant, dans ce cas, les demandeurs doivent généralement annoncer qu’ils sont dans l’obligation de se déplacer dans le cadre de leur travail, ou soumis à des contraintes particulières. « Je me sens plus soulagé maintenant que j’ai une protection », a déclaré Zhang au Times. Il travaille normalement en Côte d’Ivoire mais depuis janvier, l’épidémie l’a contraint à rester en Chine continentale. « Depuis qu’ils ont commencé à l’utiliser sur certaines personnes en cas d’urgence, cela montre qu’il existe une certaine garantie », ajoute-t-il.

Trois des quatre candidats-vaccins du pays ont atteint la dernière phase des essais cliniques. Dans ce cadre, des dizaines de milliers d’employés du gouvernement ont reçu des injections. Mais les essais ne sont pas encore terminés. Cependant, à l’image des États-Unis, Pékin fait tout de même pression pour un déploiement rapide d’ici la fin de l’année ou début 2021.

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Pendant ce temps, dans de nombreux pays dont la France, le déploiement rapide d’un vaccin à l’échelle nationale est confronté à un nouveau problème : une cohorte croissante de la population n’est pas disposée à se faire vacciner, du moins pas avec certains des premiers vaccins disponibles. La méfiance à l’égard de la vaccination s’est globalement accrue ces dernières années, et le fait qu’un vaccin soit développé en un temps record n’arrange pas les choses dans ce cas précis.

À cela, il faut ajouter le fait que les deux candidats-vaccins les plus prometteurs (de Moderna et Pfizer) sont basés sur une nouvelle technologie — à ARN messager — jusqu’ici uniquement utilisée sur des animaux, et jamais sur l’Homme. Ce dernier point soulève davantage d’inquiétude de la part d’une population déjà méfiante à l’égard des vaccins existants, dont certains sont pourtant validés par des décennies d’utilisation.

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