Pour comprendre comment le corps se modifie au fil du temps, de plus en plus de scientifiques se consacrent à l’épigénétique, soit l’étude des changements dans les organismes causés par une modification de l’expression des gènes plutôt que la modification du code génétique lui-même.

Yang Chai, de l’École Herman Ostrow de médecine dentaire de l’USC, a rapporté dans un article récent comment lui et ses collègues ont découvert que la régulation épigénétique pouvait contrôler la structuration de la racine et le développement des dents.

« C’est un aspect qui n’implique pas de changement dans la séquence d’ADN ; c’est essentiellement par le biais du contrôle permettant de rendre les gènes disponibles ou indisponibles pour la transcription que les changements se font, car cela peut déterminer la structuration », a-t-il expliqué.

Il est connu qu’une protéine spécifique appelée Ezh2 aide les os du visage à se développer, mais à l’heure actuelle, les scientifiques ignorent comment elle affecte le développement des racines de la dent. À savoir que la protéine Ezh2 n’est pas présente dans les molaires des souris en développement.

Lors de leur étude, les chercheurs ont également constaté que la protéine Ezh2 ainsi qu’une autre, appelée Arid1a, doivent être équilibrées afin d’établir une bonne structure de la racine des dents ainsi qu’une bonne intégration de cette dernière avec les os de la mâchoire. Mieux comprendre le fonctionnement de ces protéines permettrait à terme aux scientifiques de pouvoir faire « repousser les dents », en régénérant les racines dans un premier temps.

Chai a déclaré que les nouveaux résultats sont motivants : « Je suis excité à ce sujet car, par le biais de l’évolution humaine, il y a eu de nombreux changements dans notre alimentation et dans notre environnement, qui peuvent influencer nos épigénome (la manière dont nos gènes sont régulés). Et nous pouvons clairement voir la différence entre la formation des racines de notre dentition et celle des Néandertaliens », a-t-il expliqué.

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À savoir que l’homme de Néandertal possède des bases de racines plus longues que celles observées chez les humains dit anatomiquement modernes et montre également un fractionnement tardif des racines, ce qui pourrait être dû à l’effet de l’alimentation et de l’exercice sur la protéine qui active ou désactive les gènes.

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Cet équilibre des régulateurs a donc un impact sur les maladies et le bien-être des individus. Par exemple, dans différents types de cancer, les recherches ont démontré que l’équilibre entre deux régulateurs épigénétiques opposés était très important : « Un régulateur qui ne fonctionne pas peut générer un cancer, mais la modulation de son régulateur opposé peut arrêter le cancer ! », a déclaré Chai. « Ces régulateurs épigénétiques, qui ne changent pas les séquences ADN, sont importants. En résumé, vous ne pouvez pas en avoir trop ou pas assez. Si l’équilibre n’est pas respecté, vous aurez alors des problèmes de développement ou une maladie », a-t-il ajouté.

Le but ultime des recherches de Chai et son équipe de travail sur le développement dentaire est de faire en sorte qu’il soit possible, un jour, de faire repousser des dents. Cependant, « générer une toute nouvelle dent est un défi très sérieux et compliqué, car c’est un processus long et délicat, bien que naturel », explique-t-il. De ce fait, l’équipe souhaite déjà, dans un premier temps, trouver le moyen de régénérer une racine molaire afin d’y placer une couronne artificielle par-dessus.

Source : eLife

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