Malgré les nombreux traités et conventions internationaux interdisant la pêche commerciale à la baleine, certains pays poursuivent assidûment cette activité, mettant en danger, dans diverses régions du monde, plusieurs espèces de ces mammifères marins. Le Japon a notamment récemment décidé de se retirer de la Commission baleinière internationale et de ses interdictions, pour reprendre activement, ou plutôt officiellement cette fois-ci, la pêche baleinière commerciale après 30 ans d’arrêt. Mais heureusement, il y aura aussi des retombées très positives au niveau global.

Le Japon a officiellement déclaré qu’il se retirerait de la Commission baleinière internationale (CBI) et reprendrait la chasse commerciale des baleines en juillet prochain. Cette dernière a été interdite par la CBI, un accord mondial signé par plus de 80 pays depuis 1986. Cependant, un certain nombre de pays favorables à la chasse à la baleine — tels que le Japon, la Russie, le Danemark et l’Islande — ont toujours manifesté leur opposition à l’interdiction.

Le Japon, en particulier, a régulièrement défié l’interdiction et poursuivi ses activités de chasse à la baleine sous le prétexte de la « recherche scientifique ». Les derniers chiffres de la CBI montrent que le Japon a abattu 333 baleines, dont 120 étaient enceintes, dans les eaux antarctiques pendant la saison allant de décembre à février 2017/2018.

Dans une annonce publiée mercredi, le gouvernement japonais a officiellement annoncé son retrait de la CBI, affirmant que les stocks de baleines étaient redevenus sains. Il a également noté que la viande de baleine faisait partie d’une tradition séculaire pour de nombreuses communautés côtières du Japon, malgré de nombreuses informations faisant état que les consommateurs japonais avaient perdu leur goût pour la viande de baleine.

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Lorsqu’il était membre de la CBI et sous le coup des interdictions de pêche baleinière commerciale, le Japon continuait tout de même cette activité sous couvert de “recherche scientifique”. Un argument jugé fallacieux par la plupart des pays membres de la CBI. Crédits : ACBPS

Les chasses se dérouleront sur le territoire japonais et dans la zone économique exclusive du Japon, dans les eaux du Pacifique. Techniquement, il ne sera toujours pas autorisé à pratiquer la chasse à la baleine dans les eaux antarctiques en raison du Traité sur l’Antarctique, qui interdit toute activité économique dans la région.

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Naturellement, les défenseurs de l’environnement ne sont pas satisfaits de la décision. Greenpeace a accusé le Japon d’être « sournois » en tentant de glisser leur déclaration vers la fin de l’année, autour de la période des vacances, en espérant que cette décision controversée ne retiendra pas trop l’attention du monde entier.

« Il est clair que le gouvernement tente de dissimuler cette annonce à la fin de l’année, loin des projecteurs des médias internationaux, mais le monde entier la voit pour ce qu’elle est » déclare Sam Annesley, directeur exécutif de Greenpeace Japon. « La déclaration d’aujourd’hui est en décalage par rapport à la communauté internationale, sans parler de la protection nécessaire pour préserver l’avenir de nos océans et de ces créatures majestueuses ».

« En raison de la technologie moderne de la flotte, la surpêche dans les eaux côtières japonaises et en haute mer a conduit à l’épuisement de nombreuses espèces de baleines. La plupart des populations de baleines n’ont pas encore été retrouvées, y compris les grandes baleines telles que les rorquals bleus, les rorquals communs et les rorquals noirs » ajoute-t-il.

La décision a également reçu des réactions politiques négatives de la part de la communauté internationale. Le gouvernement australien, qui critique fréquemment l’activité de chasse à la baleine au Japon, a également publié une déclaration condamnant le retrait, affirmant qu’ils étaient « extrêmement déçus ».

« La Commission baleinière internationale joue un rôle crucial dans la coopération internationale en matière de conservation des baleines » ont déclaré dans un communiqué conjoint la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, et la ministre de l’Environnement, Melissa Price. « Leur décision de se retirer est regrettable et l’Australie demande instamment au Japon de revenir en priorité à la Convention et à la Commission ».

Cependant, il y a du positif

En quittant le CBI, le Japon ne peut plus chasser la baleine sous le prétexte des expéditions “scientifiques” dans l’océan Austral. Le pays est donc maintenant limité à la chasse dans son territoire, où il y a relativement moins de spécimens présents.

D’ailleurs, le plus célèbre défenseur des baleines, luttant contre la chasse à la baleine depuis plus de 20 ans, s’est exprimé sur le sujet. Il s’agit du Capitaine Paul Watson, fondateur de l’organisation de défense Sea Sheperd. « Nous sommes ravis de voir la chasse prendre fin dans le sanctuaire baleinier antarctique. Nous sommes ravis à l’idée d’avoir bientôt un nouveau sanctuaire dans l’Atlantique Sud, et nous avons hâte de continuer à nous opposer aux trois dernières nations pirates baleinières que sont la Norvège, le Japon et l’Islande. La chasse à la baleine en tant qu’industrie “légale” vient de prendre fin. Il ne nous reste plus qu’à balayer la piraterie » déclare Paul Watson.

En effet, comme le Japon se retire de la CBI, cela permet à cette dernière de voter pour l’établissement d’un sanctuaire dans l’Atlantique Sud, ce qui met donc fin à la chasse dans tout l’hémisphère Sud.

Source : Kantei

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