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Avant que nous les humains, ne puissions ressentir les effets du changement climatique par des augmentations ou diminutions des températures moyennes, ou plus globalement par des dérèglements météorologiques/climatiques, la faune et la flore en souffraient déjà en silence. Récemment, ce sont les rennes de Norvège qui ont été touchées : des chercheurs ont découvert plus de 200 spécimens morts sur l’île de Svalbard. Les animaux meurent de faim à cause du changement climatique, qui perturbe leur accès aux plantes qu’ils consomment habituellement.

Comme chaque année, des écologistes de l’Institut polaire norvégien (NPI) ont enquêté sur les populations de rennes à Svalbard, un archipel de glaciers et de toundra gelée situé entre la Norvège et le pôle Nord.

L’enquête, ayant duré 10 semaines, apporte cette année des conclusions macabres : les effectifs de la population de rennes (Rangifer tarandus) sont en baisse suite à de nombreux décès, et les animaux vivants sont en moyenne beaucoup plus minces qu’ils n’auraient dû l’être. Selon NRK, des centaines de carcasses de rennes montraient des signes de famine.

« C’est effrayant de trouver autant d’animaux morts », a déclaré à NRK Åshild Ønvik Pedersen, écologiste terrestre au NPI. Il faut savoir que le renne de Svalbard est une sous-espèce, Rangifer tarandus platyrhynchus. Il possède des jambes plus courtes et une tête petite et arrondie. Les mâles sont légèrement plus grands que les femelles, mesurant environ 1.6 mètre de long et pesant jusqu’à 90 kg, selon NPI.

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Hamish Burnett et Mads Forchhammer, écologistes du NPI, examinent les restes de rennes découverts en juin. Crédits : Siri Uldal/ Norsk Polarinstitutt

Le changement climatique entraîne des températures plus chaudes à Svalbard (comme dans de nombreuses régions du globe), ce qui signifie davantage de précipitations. Selon les chercheurs du NPI, les fortes précipitations de décembre seraient responsables du nombre exceptionnellement élevé de décès de rennes.

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Après la pluie de décembre, les précipitations ont gelé, créant des “calottes glaciaires dans la toundra”, des épaisses couches de glace empêchant les rennes d’atteindre la végétation dans leurs pâturages d’hiver habituels. Cela a obligé les animaux à creuser des trous dans la neige du rivage pour trouver des algues et du varech, qui sont moins nutritifs que les sources de nutriments habituelles des rennes.

Sur le même sujet : Changement climatique : Les manchots empereurs fuient sur une glace instable après un « échec de reproduction sans précédent »

Les scientifiques ont également observé des rennes paissant sur des falaises, ce que les animaux font rarement pendant les hivers, lorsque la nourriture est normalement plus abondante. Les régions rocheuses et montagneuses de Svalbard ne possèdent pas beaucoup de végétation, et cette “stratégie de chèvre de montagne” est risquée pour le renne, car les falaises sont très abruptes. Mais pendant les années difficiles à la même période, environ 50% des rennes grimpaient à une altitude de près de 300 mètres, dans une recherche désespérée de nourriture, ont indiqué les chercheurs.

Avec leurs pâturages emprisonnés dans la glace, les rennes doivent également voyager plus loin pour trouver de la nourriture. Et quand la nourriture se fait rare, les animaux les plus jeunes et les plus âgés sont généralement les premiers à mourir, explique Pedersen à NRK.

« Une partie de la mortalité est naturelle, car il y a eu beaucoup de naissances l’année dernière », a-t-elle déclaré. « Mais le nombre important de décès que nous constatons maintenant est dû aux fortes précipitations, engendrées par le réchauffement de la planète ».

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