République Démocratique du Congo : le pays fait face à une seconde épidémie d’Ebola sur son territoire

congo ebola
| Cellou Binani

Tandis que la majorité des pays luttent actuellement avec difficulté pour contenir la pandémie et limiter la propagation du coronavirus SARS-CoV-2, la République Démocratique du Congo (RDC) doit, elle, combattre sur trois fronts infectieux majeurs. Le pays fait en effet face à deux épidémies conjointes d’Ebola, au COVID-19 et à la plus grande épidémie de rougeole du monde. 

Une deuxième épidémie d’Ebola a été confirmée en République démocratique du Congo. Selon l’Organisation mondiale de la santé, six cas de fièvre hémorragique hautement contagieuse ont été identifiés et quatre personnes sont décédées jusqu’à présent près de Mbandaka, la capitale régionale de la province d’Équateur.

L’épidémie a été annoncée pour la première fois à la radio locale par le gouverneur de la région, Bobo Boloko Bolumbu, lundi matin. Il a déclaré que des échantillons de ces cas avaient été envoyés à l’INRB, l’organisation nationale de recherche médicale du pays à Kinshasa, pour confirmation secondaire.

« Le laboratoire nous a indiqué que tous les décès analysés depuis le 18 mai sont une conséquence du virus Ebola. Cependant, pour plus de précision, les échantillons ont été envoyés à l’INRB pour contrôle qualité. Je demande à la population de rester calme et de continuer à respecter les mesures d’hygiène. Lavez-vous régulièrement les mains avec du savon. Ne touchez pas les personnes malades ou mortes qui ont de la fièvre ou des saignements ».

Une seconde épidémie d’Ebola vient alourdir la lutte du pays contre les maladies infectieuses

Le ministre de la Santé de la RDC, Eteni Longondo, et l’OMS, ont par la suite confirmé l’épidémie à Wangata, près de Mbandaka. Sur les six premiers cas, trois ont été confirmés par des tests de laboratoire. Quatre personnes sont décédées et deux reçoivent des soins intensifs. La Province de l’Équateur est située dans le nord-ouest du pays, à environ 960 km du Nord-Kivu et de l’Ituri — des régions à la frontière avec l’Ouganda qui ont été à l’épicentre de la deuxième épidémie d’Ebola la plus meurtrière de l’histoire.

Les efforts pour contenir cette flambée, qui ont commencé en août 2018, ont été entravés par une tempête de violence et de méfiance — le Nord-Kivu et l’Ituri sont témoins de conflits depuis plus de deux décennies. En avril, il y a eu un bref moment où il a semblé que le virus avait été vaincu. Cependant, trois jours seulement avant que l’OMS n’annonce la fin de l’épidémie, un nouveau groupe de cas a été identifié.

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Virus Ebola (vert) observé au microscope électronique à transmission à partir de l’échantillon sanguin d’un patient durant l’épidémie de 2014. Crédits : NIAID

Les cas dans la Province d’Équateur sont considérés comme complètement séparés et marquent la onzième épidémie d’Ebola dans le pays depuis que la maladie a été identifiée pour la première fois en 1976. Cette autre flambée de cas d’Ebola est un coup dur pour la RDC, qui se bat également pour contenir le Covid-19 et la plus grande épidémie de rougeole au monde.

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Des moyens rapidement déployés pour tenter de contenir l’épidémie

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a tweeté que l’OMS avait déjà du personnel à Mbandaka pour soutenir les médecins locaux. « Cette épidémie nous rappelle que Covid-19 n’est pas la seule menace pour la santé à laquelle les gens sont confrontés. L’OMS continue de surveiller et de répondre à de nombreuses urgences sanitaires ».

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La fièvre hémorragique très contagieuse, du nom de la rivière Ebola, serait originaire de chauves-souris. Le virus se propage par les fluides corporels et a un taux de mortalité de plus de 60%. La région d’Équateur a vu des cas pour la dernière fois en 2018, mais une réponse rapide et le déploiement de ce qui était alors un vaccin expérimental ont stoppé le virus.

Cette épidémie a commencé dans la zone rurale de Bikoro en mai, avant de se propager à Mbandaka, une ville de plus d’un million d’habitants, ce qui fait craindre qu’elle ne s’empare et ne devienne incontrôlable. Mais fin juillet — quelques semaines seulement avant la découverte des premiers cas au Nord-Kivu —, l’épidémie d’Équateur était déclarée terminée. Au total, 54 personnes ont été infectées et 33 sont décédées.

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