Comme chaque année, le gouvernement britannique publie des données détaillées sur la consommation d’énergie et les émissions du pays. À notre grande surprise, nous constatons qu’il consomme aujourd’hui moins d’énergie qu’en 1970. Cette réussite, bien qu’à prendre avec des pincettes étant donné le type de transition économique du pays, pourrait servir d’exemple pour d’autres nations, afin de sensibiliser à la réduction de la consommation énergétique et également à un comportement plus « vert », comme tentent de le faire des programmes tel que Génération Energie.

Le graphique ci-dessous, tiré du site Theatlas.com, révèle l’énergie primaire consommée depuis 1965 jusqu’en 2018. Comme vous pouvez le voir, la consommation (en équivalent de tonnes de pétrole) est passée de plus de 200 millions en 1970 à moins de 200 millions en 2018.

Crédits : Theatlas.com/ Carbon Brief

L’exploit est d’autant plus intiguant pour une simple raison : l’économie britannique a plus que triplé de 1965 à nos jours, ce qui signifie que la quantité d’énergie nécessaire pour assurer une même croissance économique a considérablement chuté.

L’intensité énergétique du Royaume-Uni durant les 50 dernières années. Pour générer 1 milliard de livres sterling (£) (PIB), l’économie du pays est passée d’une exploitation énergétique équivalent à 300’000 tonnes de pétrole à seulement 100’000. Crédits : Theatlas.com/ Carbon Brief

Cela s’explique par le fait que le Royaume-Uni a délaissé les industries à forte intensité énergétique, telles que le ciment et l’acier, pour privilégier les industries de services, telles que la finance et le conseil. Le remplacement des énergies fossiles par les énergies renouvelables est également de plus en plus bénéfique.

Lorsqu’un morceau de charbon ou un litre d’essence est brûlé, une grande partie de l’énergie générée est perdue sous forme de chaleur et seule une fraction est utilisée de manière productive. La production d’énergie renouvelable à partir de sources éoliennes, solaires et hydrauliques entraîne des pertes bien moins importantes, de la production à la consommation.

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L’économie du pays a plus que triplé, alors que ses émissions n’ont cessé de diminuer. Crédits : Theatlas.com/ Carbon Brief

Bien que le Royaume-Uni génère moins d’émissions qu’en 1890, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre des niveaux acceptables pour l’environnement et qui tiennent compte de la situation climatique actuelle.

D’ailleurs, il faut préciser que ces données n’incluent pas les « émissions importées », c’est-à-dire les émissions produites par d’autres pays pour créer des biens que les Britanniques consomment (ces données étant difficiles à obtenir).

Mais le pays ne souhaite pas s’arrêter là : en effet, le gouvernement prévoit de réduire à zéro ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Sur le même sujet : Voici une chose simple que nous pourrions faire pour « annuler » des années d’émissions de CO2

Le taux d’émission de CO2 par livre sterling généré (du PIB), durant les 50 dernières années. Crédits : Theatlas.com/ Carbon Brief

Bien sûr, plus un pays se rapproche du « zéro émission », plus il est difficile de réduire ces dernières. Malgré tout, le Royaume-Uni devance de nombreuses autres grandes économies développées en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Bien que la transition énergétique du pays (vers le renouvelable) soit donc assez exemplaire, le type de transition économique ayant permis d’engendrer une telle baisse de consommation n’est pas forcément un modèle applicable à d’autres nations. En effet, une économie se développant davantage dans les services nécessite davantage de ressources industrielles externes, ce qui en quelque sorte, déporte la consommation ailleurs (dans d’autres pays souvent économiquement moins développés).

3 Réponses

  1. Arnaud Le Gué

    Le rôle des énergies renouvelables dans l’article me semble fortement exagéré. En effet, leur intermittence impose d’avoir recours à des énergies fossiles. L’exemple allemand montre que les ERi ne réduisent que peu l’usage des fossiles, malgré un investissement conséquent. Il y a t’il une analyse détaillant le poids des différents facteurs sur cette baisse ?

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    • Bernard

      le graphique des consommation par énergie primaire répond à votre question ils ont massivement remplacé le charbon par du gaz dont ils sont producteur et les usines par des banques et assurances. Le renouvellable ne pese rien dans l’affaire. L’article en parle un peu mais il est faux de dire qu’on ne peut pas évaluer le CO2 importė , juste la Grand Bretagne préfère ne pas afficher un bilan sans doute désastreux.

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  2. Simon

    La dernière phrase est peut être la plus importance de l’article. La consommation d’énergie à été déportée à l’étranger. Tous les data-centers utilisés dans une économie tertiaire ne sont pas en Grande-Bretagne et tous les ordinateurs utilisés n’y sont pas construits.
    De même, tous les biens de consommation importés (made-in China donc made-in charbon) ne sont non plus pas comptés.
    Le réel impact du niveau de vie britannique sur la planète est bien plus élevé que ce que montrent ces graphiques.

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