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Cette avancée pourrait bien représenter la découverte de l’année pour certain(e)s d’entre vous. De nombreuses personnes sont allergiques aux chats, avec des niveaux assez variables allant de simples reniflements gênants jusqu’au développement d’asthme, ou encore dans certains cas rares jusqu’à l’hospitalisation. Les personnes concernées ont donc deux possibilités : éviter d’être exposées à nos amis félins, ou suivre un traitement à base d’antihistaminiques. Mais une équipe de chercheurs vient maintenant de mettre au point un “vaccin” luttant contre les allergènes des chats, évitant ainsi tous ces inconvénients et compromis pour le félin et l’humain.

Pendant de nombreuses années, certains chercheurs sont même allés jusqu’à envisager l’utilisation de la modification génétique pour donner naissance à des chats “hypoallergéniques”, qui provoqueraient moins d’allergies. Mais une équipe de chercheurs a maintenant résolu le problème différemment, en mettant au point un vaccin contre les allergènes des chats.

Vous avez bien lu, le vaccin en question n’est donc pas destiné aux humains, mais aux chats. Il cible la protéine Fel d 1, la principale des cinq substances allergènes que produisent les chats. Elle est présente dans leur salive et leurs glandes sébacées, bien que nous ne sachions pas quelle est sa fonction exacte. Environ 10% de la population occidentale est allergique à cette protéine.

Des chercheurs travaillant pour la société HypoPet ont testé avec succès le vaccin sur 54 chats différents au cours de quatre études distinctes. L’équipe a indiqué que le vaccin était bien efficace pour réduire l’allergène Fel d 1 chez les chats traités. D’ailleurs, le produit était bien toléré par les animaux et n’avait aucun effet toxique manifeste sur eux. Les résultats de l’étude ont été publiés dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology.

vaccin contre allergies aux chats schema fonctionnement

Schéma résumant le fonctionnement du vaccin. 1) Vaccination. 2) Le système immunitaire réagit. 3) Les cellules B activées sécrètent des anticorps luttant contre la protéine allergène Fel d 1. 4) Les anticorps circulent dans le corps du chat et se lient à l’allergène, réduisant ainsi la réactogénicité des sécrétions du chat.

« Les sujets humains et les animaux pourraient tirer profit de ce traitement, car les propriétaires allergiques de chats réduiraient leur risque de développer des maladies chroniques, telles que l’asthme, et deviendraient plus tolérants envers leurs amis à quatre pattes, qui pourraient donc rester dans les ménages sans avoir besoin d’être souvent laissés dehors ou abandonnés », écrit le chercheur principal.

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L’équipe a combiné un virus (phytovirus pathogène) de la mosaïque du concombre (CMV) et la molécule Fel d 1, qui produit une réponse immunitaire chez les chats. Après le vaccin, le système immunitaire des animaux neutralisait automatiquement les molécules, et les chats testés devenaient alors moins allergènes pour les humains que les chats non traités.

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« Nous sommes très heureux de publier ces données, qui montrent que notre vaccin est capable de produire des taux élevés d’anticorps chez le chat, et que ces anticorps peuvent se lier à et neutraliser l’allergène Fel d 1 produit par les animaux », a déclaré dans un communiqué le docteur Gary Jennings, PDG de HypoPet AG.

L’allergie aux chats des propriétaires, de leur famille et de leurs amis est l’une des principales causes de l’abandon des chats. Plus de 10’000 chats sont abandonnés chaque année rien qu’en France. Aux États-Unis, ce chiffre dépasse les 3 millions…

La plupart sont laissés dans des refuges pour animaux, dont environ les deux cinquièmes sont euthanasiés. Les chats sont également abandonnés dans la nature et dans les villes, ce qui a un impact important sur l’écosystème. Les chats peuvent être domestiqués, mais ils restent des prédateurs redoutables. Ils peuvent causer des ravages considérables à la faune indigène. Ce vaccin se place donc entre ces différents aspects du problème, en offrant une solution prometteuse et peut-être bénéfique à tous.

Source :  The Journal of Allergy and Clinical Immunology

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