Voir et entendre des oiseaux serait très bénéfique pour la santé mentale

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Une sortie au parc, quelques minutes de marche en forêt, le son du clapotis des vagues ou d’un ruisseau, sont connus pour nous apaiser et améliorer notre humeur, si bien que ces sons sont reproduits artificiellement dans les établissements dédiés au bien-être. Il a été notamment scientifiquement prouvé qu’une immersion en pleine nature est bénéfique pour la santé mentale, un service écosystémique souvent mésestimé. Pour la première fois, une étude prouve que le simple fait de voir et entendre des oiseaux est fortement bénéfique pour notre santé mentale, même en cas de dépression. Cette découverte souligne l’importance de la protection de la biodiversité, au sein de laquelle peut s’épanouir l’avifaune.

Tout ce que l’on exploite de la nature, tous les bienfaits que nous offrent les écosystèmes, sont englobés dans ce que l’on appelle les « services écosystémiques ». Cela va de la nourriture à l’air pur, en passant par l’eau douce, la pollinisation et les ressources fossiles. Mais il est moins connu que les expériences culturelles (les sciences liées à l’environnement), récréatives et liées au bien-être, en font également partie. Pour le bien-être particulièrement, nous avons souvent tendance à sous-estimer le potentiel de la nature.

Les experts en restauration des écosystèmes cartographient tous ces services afin de planifier leurs projets de restauration. Pour ce faire, ils doivent considérer des milliers de paramètres, les objectifs étant très différents du simple reboisement. À l’instar des chauves-souris, qui se servent des ultrasons pour se diriger ou repérer une proie, les oiseaux sont par exemple extrêmement sensibles aux hauteurs des canopées. En effet, les habitats naturels des oiseaux doivent comporter différentes hauteurs de canopée, et c’est l’une des raisons pour lesquelles les monocultures liées à l’agriculture intensive (où les plantes et arbres sont tous à la même hauteur), l’urbanisation incontrôlée et les reboisements mal planifiés, peuvent nuire à l’avifaune.

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L’agroforesterie et l’agroécologie urbaine figurent parmi les solutions les plus adoptées afin de tenter de fournir un habitat – aussi petit soit-il – pouvant abriter une certaine biodiversité, dont les oiseaux. Même si certains (comme les pigeons) se sont acclimatés aux villes, la plupart ont besoin d’un minimum d’arbres (ou de flore semi-aquatique, selon les espèces) pour survivre.

La nouvelle étude, parue dans la revue Scientific Reports, expose l’importance des services écosystémiques que les oiseaux peuvent nous apporter. Selon les chercheurs, entendre leurs gazouillis et les regarder voleter serait une expérience multisensorielle importante pour notre bien-être et notre santé mentale. L’étude « capture des preuves intrigantes qu’un environnement riche en biodiversité est réparateur en matière de bien-être mental », explique dans un communiqué Jo Gibbons, partenaire de recherche de la nouvelle étude et architecte paysagiste chez J & L Gibbons.

Dirigée par des chercheurs du King’s College de Londres, la nouvelle étude fournit l’une des premières preuves scientifiques quantifiables sur les avantages de l’environnement naturel sur notre santé. « En outre, les résultats soutiennent la mise en œuvre de mesures visant à accroître les opportunités pour les personnes pour observer des oiseaux, en particulier pour ceux qui vivent avec des problèmes de santé mentale telle que la dépression », indique Andrea Mechelli, professeur d’intervention précoce en santé mentale au King’s College et auteur principal de l’étude.

Des effets spécifiquement induits par les oiseaux

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Pour étayer leur hypothèse, les chercheurs de la nouvelle étude ont recueilli des données en temps réel à l’aide de l’application Urban Mind, développée par le King’s College. Les données concernaient l’état mental de 1292 volontaires, quand ils étaient en interaction avec des oiseaux à l’extérieur. « Il existe de plus en plus de preuves sur les avantages pour la santé mentale d’être dans la nature et nous pensons intuitivement que la présence de chants d’oiseaux et les oiseaux en général aideraient à améliorer notre humeur. Cependant, peu de recherches ont réellement étudié l’impact des oiseaux sur la santé mentale en temps réel et dans un environnement réel », explique Ryan Hammoud, assistant de recherche à l’institut de psychiatrie, de psychologie et de neuroscience au King’s College, et co-auteur principal de l’étude.

Entre 2018 et 2021, les chercheurs ont récolté près de 26 856 données auprès de participants, répartis entre les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni. En tenant compte de l’état de santé personnel de chaque participant, Urban Mind relevait trois fois par jour s’ils avaient pu voir ou entendre des oiseaux. Un questionnaire sur le bien-être mental et l’amélioration de l’humeur leur a également été adressé, afin d’estimer combien de temps les oiseaux ont pu agir sur eux.

Résultat : le fait d’entendre et voir les oiseaux était associé à une amélioration notable de l’humeur, autant sur les personnes en bonne santé mentale que sur celles souffrant de dépression. De plus, ces effets pouvaient durer jusqu’à huit heures. Par ailleurs, les chercheurs suggèrent que les effets induits par les oiseaux ne dépendent pas forcément de la présence d’arbres ou de cours d’eau, mais leur sont spécifiques. Toutefois, comme il s’agit de leurs habitats, il est important de maintenir ces espaces afin de les préserver durablement, car leur présence pourrait potentiellement contribuer à résoudre de véritables problèmes de santé publique.

Source : Scientific Report

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