Un nouveau fossile de dinosaure découvert en Alberta est tellement bien préservé, qu’on croirait voir une statue.

Avant d’être assemblés pour être exposés dans un musée, la plupart des fossiles de dinosaures ressemblent simplement à de la roche. Par contre, concernant ce fossile, personne ne pourrait confondre ce nodosaure de plus de 110 millions d’années avec de la pierre.

Le fossile, dévoilé hier au Musée royal Tyrrell de paléontologie au Canada, est si bien préservé qu’il ressemble à une statue.

Et ce qui est peut-être encore plus surprenant, c’est qu’il a été découvert par accident, comme le relate l’édition du mois de juin du magazine National Geographic. En effet, le 21 mars 2011, Shawn Funk creusait dans la mine Millennium d’Alberta avec une rétrocaveuse mécanique, lorsqu’il a heurté « quelque chose de beaucoup plus dur que la roche environnante ». Ce n’est que lorsque les chercheurs ont regardé plus attentivement la roche, qu’ils ont constaté quelque chose qui ne ressemblait vraiment pas à de la pierre, mais juste « des rangées après rangées de disques de couleur marron sableux, avec des anneaux de pierres grises et argentées ».

Ce que Funk avait trouvé était en réalité un fossile de dinosaure pesant 1130 kg, qui a ensuite été rapidement transféré au musée en Alberta, où les techniciens ont raclé la pierre étrangère de l’os fossilisé et où des experts ont pu examiner le spécimen.

« Je n’en croyais pas mes yeux – c’était un dinosaure », a déclaré Donald Henderson, conservateur des dinosaures au musée. « Lorsque nous avons vu les images, nous étions convaincus que nous allions découvrir un autre plésiosaure (un reptile marin souvent découvert) », a-t-il ajouté. Plus précisément, il s’agit des restes d’un nodosaure, « membre du sous-groupe des ankylosaures, lourdement blindés », qui foulait la Terre durant la période du Crétacé.

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Ce groupe d’herbivores lourds, qui marchaient sur quatre pattes, ressemblait vraisemblablement à un croisement entre un lézard et un lion, mais recouvert d’écailles. Crédits : Robert Clark/National Geographic

Selon le musée d’histoire naturelle Smithsonian, contrairement à ses cousins du sous-groupe des ankylosaures, le nodosaure ne possédait pas une structure osseuse au bout de sa queue et utilisait donc des piques robustes et épaisses d’environ 50 centimètres situées sur ses flancs, pour se protéger. « Ces gars étaient comme des chars à quatre pattes », a déclaré Ray Stanford, un traqueur de dinosaures.

Ce spécimen en particulier, avait au total une longueur de 5,4 mètres et pesait environ 1360 kilogrammes. Comme Michael Greshko l’a écrit dans l’article du National Geographic, un tel niveau de préservation « est aussi rare que de gagner à la lotterie ». Il a également expliqué : « Plus je le regarde, et plus il devient stupéfiant. Des restes fossilisés de sa peau recouvrent toujours les plaques d’armure bosselées situées sur son crâne. Son pied droit est à ses côtés. Je peux compter ses écailles (…) ».

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Crédits : Robert Clark/ National Geographic

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Crédits : Robert Clark/ National Geographic

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Crédits : Robert Clark/ National Geographic

« Nous n’avons pas juste un squelette. Nous avons un dinosaure, comme il aurait été (de son vivant) », a ajouté Caleb Brown, un chercheur du musée.

La raison pour laquelle ce dinosaure en particulier a été si bien conservé, est probablement due à un coup de chance. Ou, pour ce dernier, de malchance. En effet, la créature terrestre a été découverte dans une mine ou il y avait jadis de l’eau. Les chercheurs supposent donc qu’il est probable que le dinosaure se situait au bord d’une rivière, peut-être pour s’abreuver, lorsqu’une inondation l’a frappé de plein fouet. Alors, les minéraux ont rapidement pu « infiltrer la peau et l’armure et ont veillé à ce que le nodosaure mort conserve sa forme réelle, tandis qu’il était enseveli par la roche ».

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Illustration de la fin tragique du dinosaure découvert par Shawn Funk. « Il y a 110 millions d’années – Mort ». Crédits : Kyle Metcalf

Cette découverte représente donc une véritable opportunité pour les chercheurs, car mis à part ce cas exceptionnel, ce sont souvent que des fragments d’os ou de dentitions qui sont découverts. « Même les squelettes partiellement complets demeurent souvent insaisissables », a déclaré le musée Smithsonian.

Source : National Geographic

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