Uranus est une planète géante glacée bien mystérieuse. Sa rotation s’effectue de manière étrange, son champ magnétique est décentré et les scientifiques viennent de découvrir que sa magnétosphère peut s’ouvrir et se fermer tous les jours.

Une nouvelle étude concernant la 7ème planète du Système solaire a été publiée dans le Journal of Geophysical Research : Space Physic, celle-ci a été menée par Xin Cao et Carol Paty de l’Institut de Technologie de Georgie, aux États-Unis. Les chercheurs ont découvert que la magnétosphère de la planète pouvait littéralement s’ouvrir pour permettre au vent solaire de la traverser. Cet événement particulier semble se produire presque tous les jours, soit environ toutes les 17 heures (terrestres).

Cette ouverture et fermeture de la magnétosphère se produit également autour de la Terre. Ce processus s’appelle la reconnexion magnétique, où les lignes de champ magnétique de notre magnétosphère et du vent solaire, s’alignent. L’afflux de particules du vent solaire génère des aurores intensifiées aux pôles terrestres, et il est probable que des aurores soient ainsi produites sur Uranus également. Cependant, sur la planète Terre, ce processus est plutôt irrégulier, tandis que sur Uranus, l’événement semble être bien plus régulier et fréquent.

En fait, la magnétosphère agit comme une barrière contre le vent solaire : lorsque les deux se déplacent dans la même direction, le vent solaire glisse littéralement dessus. Mais lorsque le vent solaire souffle vers Uranus à angle droit, le champ magnétique de la planète s’aligne sur ce dernier, et laisse ainsi passer certaines particules.

Uranus est une planète mystérieuse. Il faut savoir qu’elle présente une très forte inclinaison de son axe : elle tourne à peu près à angle droit, par rapport au plan de son orbite autour du Soleil (quelque chose qu’aucune autre planète ne fait !), la planète roule pour ainsi dire sur son orbite et présente alternativement au Soleil son pôle nord, puis son pôle sud et chacun des pôles est caché du Soleil durant 42 ans. Les scientifiques pensent que cette configuration particulière pourrait être due à une collision avec un objet d’une taille similaire à la Terre, il y a longtemps, qui aurait provoqué ce basculement par un phénomène de résonance, avant d’être éjecté de son orbite.

Son champ magnétique est tout aussi particulier. Il n’a pas pour origine le centre géométrique de la planète, et il penche de 59° par rapport à l’axe de rotation. Il présente même un déséquilibre vers le pôle géographique sud, par rapport au centre, équivalent à un tiers du rayon planétaire. Sur Terre (ainsi que sur d’autres planètes), les lignes du champ magnétique sont très proches des pôles géographiques, bien qu’il y ait quelques variations. La magnétosphère d’Uranus est donc très désordonnée : « À mesure qu’elle se déplace, l’orientation de la magnétosphère change dans toutes sortes de directions », explique Carol Paty, de l’Institut de Technologie de Georgie.

Malheureusement, nous n’avons que très peur d’informations sur Uranus car la plupart de nos données concernant cette planète proviennent du survol par la sonde Voyager 2, en 1986, le seul vaisseau spatial ayant jamais visité Uranus.

Actuellement, la NASA étudie les possibilités d’envoyer un orbiteur vers Uranus d’ici 2034 (mais pour le moment, aucune mission officielle n’a été validée). Cela nous aiderait sans conteste à mieux comprendre la nature de son fonctionnement. Mais d’ici à ce qu’une nouvelle sonde arrive près d’Uranus et débute les analyses, nous devrons compter sur des modèles, comme cela est le cas pour cette dernière étude.

Pour cette recherche, les scientifiques ont modélisé Uranus ainsi que sa magnétosphère dans son ensemble, et il correspond étroitement aux données collectées par la sonde Voyager 2. « Nous avons aperçu un mystère lorsque nous l’avons survolée. Nous sommes allés à l’intérieur du champ magnétique d’Uranus et soudainement, il ne ressemblait ni à celui de la Terre, ni à celui de Jupiter, ni encore à celui de Saturne », explique Paty. Il semble en effet que la rotation de la planète soit à l’origine des changements du champ magnétique, ce qui est totalement différent de ce qui se passe sur Terre (ou sur toutes les autres planètes que nous connaissons à ce jour).

« C’est formidable que les données correspondent aussi bien à celles que nous avons collectées lors de l’unique survol d’Uranus », explique George Hospodarsky, de l’Université de l’Iowa, aux États-Unis. « Mais le véritable défi serait d’envoyer un orbiteur là-bas et d’obtenir beaucoup plus de données dans différentes conditions et de voir si le modèle correspond toujours », ajoute-t-il.

En espérant donc que la NASA mette sur pied une mission visant à envoyer un orbiteur vers Uranus. Comme les mondes de glace semblent assez fréquents dans l’espace, en savoir davantage sur Uranus nous permettrait également de mieux comprendre les diverses exoplanètes gelées !

Sources :  Journal of Geophysical Research, NASA

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