Le nouveau programme de recherche de l’institut SETI consistera à « écouter » attentivement environ 20 000 petites étoiles, plus froides et plus petites que notre Soleil. Mais pourquoi être à l’écoute des étoiles et non des planètes ? La réponse est dans l’article.

L’Institut SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) lance un nouveau programme basé sur l’analyse de signaux radio structurés, qui pourraient représenter un indice sur la présence de vie extraterrestre intelligente. Durant les deux prochaines années, les zones d’espace de 20 000 étoiles (naines rouges) seront sondées.

« Les naines rouges, des étoiles relativement petites et froides, ont jusqu’à présent reçu peu d’attention dans le cadre de cette recherche», note Jon Richards, ingénieur au SETI, « parce que l’hypothèse dominante a toujours été que nous pourrions avoir trouvé des traces d’autres espèces intelligentes sur des planètes orbitant autour d’étoiles semblables au Soleil, c’est à dire des naines jaunes ».

gliese gj 1002 naine rouge

Représentation virtuelle de GJ 1002, une étoile naine rouge située dans la constellation de la Baleine. Considérée comme assez proche du Soleil par rapport à la majorité des naines rouges connues, elle se situe tout de même à une distance de 15,31 années-lumière de notre étoile.

Une hypothèse étayée par le fait que la zone habitable d’une naine rouge est beaucoup plus étroite que celle d’une étoile du même type que le Soleil. Il a également toujours été pensé que les planètes d’un système stellaire de type naine rouge orbitent si près de leur étoile qu’elles peuvent entrer, pendant une période plus ou moins courte, en rotation synchrone, c’est à dire maintenir une hémisphère constamment dirigée vers l’étoile (comme la lune par rapport à la terre). Un côté serait donc extrêmement chaud tandis que l’autre resterait froid. Il est donc difficile d’imaginer de la vie dans ces conditions.

Cependant, des études récentes suggèrent qu’en présence d’océans et d’une atmosphère, la chaleur peut être naturellement « transportée » depuis la partie de l’hémisphère exposée jusqu’à la partie cachée, ce qui maintiendrait une partie importante de la planète dans des conditions habitables.

Ce qui est encore plus pertinent dans cette recherche est le fait que les observations suggèrent qu’un nombre important de naines rouges possèdent des planètes dans la zone habitable. L’estimation, bien qu’elle soit plutôt incertaine (entre 17 et 50% de certitude), est tout de même à prendre en considération car elle s’avère donner des chiffres supérieurs à ce qui s’obtient actuellement avec des étoiles similaires au Soleil.



Et ce n’est pas tout !

Ce n’est pas tout, les naines rouges sont le type d’étoiles les plus communes dans l’univers.
« Au moins les trois quarts de toutes les étoiles connues sont des naines rouges », nous informe Seth Shostak, astronome au SETI, « cela signifie également qu’en sondant un certain ensemble d’étoiles, disons les 20 000 plus proches, elles se trouveront en moyenne à la moitié de la distance de l’ensemble de 20 000 étoiles similaires au Soleil les plus proches ». D’ailleurs, qui dit étoiles plus proches dit (éventuellement) signaux radios plus puissants. En outre, on estime que les étoiles naines rouges ont une espérance de vie plus élevée que l’âge actuel de l’Univers. En effet, toutes celles ayant été formées jusqu’à présent sont encore actives et en bonne santé.

L’on pense donc que celles-ci peuvent vivre des milliards d’années en plus que n’importe quelle naine jaune. « Nous sommes dans le cas où ce qui est plus vieux est cette fois meilleur », dit Shostak, « parce que les systèmes solaires plus âgés ont eu plus de temps pour permettre à la vie intelligente de se développer ».

 

Quelques détails

Allen Telescope Array. Crédit : ATA

Allen Telescope Array. Crédit : ATA

La recherche sera menée par le Allen Telescope Array du SETI (Cascade Mountains, Californie), un système de 42 antennes capable de garder sous observation jusqu’à trois étoiles en même temps. « Nous sonderons chaque système d’étoiles avec différentes bandes de fréquences, entre 1 et 10 GHz », explique Gerry Harpe, chercheur au SETI. « Environ la moitié des fréquences analysées correspond aux « fréquences magiques » qui elles sont directement corrélées aux constantes mathématiques de base. Il est raisonnable de supposer que les extraterrestres pourraient générer des signaux à des fréquences spéciales afin d’attirer l’attention ».

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