COVID-19 : la variante britannique pourrait être 30% plus mortelle

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| AFP

De nombreux pays du monde sont encore aux prises avec la pandémie de COVID-19. Même si la majorité des gouvernements ont déjà commencé leur programme de vaccination massive, les taux d’infections et de mortalité peinent à chuter de manière significative. C’est notamment le cas du Royaume-Uni, qui doit également faire face à la variante britannique du coronavirus. Et celle-ci pourrait s’avérer bien plus difficile à combattre que la souche initiale. En effet, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé que cette variante pourrait être 30% plus mortelle. Des chiffres sources d’une grande inquiétude pour les autorités, qui craignent un retour à la case départ en matière de santé publique.

La nouvelle variante britannique du coronavirus pourrait être 30% plus mortelle, a déclaré vendredi Boris Johnson alors qu’il annonçait des restrictions de voyage plus strictes et la poursuite des mesures de confinement alors que le taux d’infection reste extrêmement élevé. Publiant des résultats de recherche atténuant l’espoir que la variante B117 devienne progressivement moins mortelle, les chercheurs du groupe consultatif gouvernemental sur les menaces de virus respiratoires nouvelles et émergentes (Nervtag) ont conclu que le taux de mortalité pourrait augmenter de 30 à 40%.

Le maintien de mesures strictes de restriction

Les scientifiques ont appelé à des contrôles plus stricts, et l’un d’eux a déclaré que la nouvelle pourrait ramener le pays « à la case départ ». La situation est également susceptible d’augmenter les inquiétudes des dirigeants de l’UE, qui envisageaient déjà de renforcer les mesures aux frontières contre la « mutation britannique ». Le Premier ministre s’est montré extrêmement prudent lorsqu’il a été interrogé sur les perspectives d’un retour imminent à la vie normale, malgré le rythme rapide du programme de vaccination. Un adulte sur 10 en Angleterre ayant déjà été vacciné.

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« Actuellement, le taux d’infection est extrêmement élevé, et je pense que nous devons être réalistes à ce sujet. Je pense que nous devrons vivre avec le coronavirus d’une manière ou d’une autre pendant longtemps. Je pense que la question reste ouverte de savoir quand et de quelle manière nous pourrons commencer à assouplir l’une des mesures. De toute évidence, nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour reprendre une vie normale, mais seulement en toute sécurité, avec prudence ».

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Graphique indiquant les statistiques concernant les cas d’infection et la vaccination au Royaume-Uni. © data.gov.uk

Johnson a salué la rapidité de la livraison des vaccins, avec 5.4 millions de doses administrées, mettant le gouvernement sur la bonne voie pour la date limite du 15 février qu’il a fixée pour la vaccination des quatre premiers groupes prioritaires. Mais il a exhorté le public à continuer de se conformer aux restrictions.

L’inquiétude croissante concernant les variantes virales

Le conseiller scientifique en chef du gouvernement, Patrick Vallance, explique l’ampleur de la différence concernant la nouvelle variante : pour 1000 personnes de 60 ans infectées par la nouvelle souche, on pourrait s’attendre à ce que 13 ou 14 meurent, contre 10 sur 1000 pour la souche d’origine. On pense également que la variante est 30% à 70% plus transmissible. « Il n’y a pas d’âge préférentiel, elle peut toucher n’importe qui à tout âge, de la même manière que la souche d’origine ».

David Strain, maître de conférences clinique à la faculté de médecine de l’Université d’Exeter, indique que la possibilité que la nouvelle variante britannique soit non seulement plus contagieuse, mais aussi plus meurtrière que les variantes précédentes, est inquiétante. « L’élément clé ici est que tout le travail qui a été fait avec le médicament dexaméthasone avec de meilleures stratégies de traitement a réduit la mortalité au Royaume-Uni d’environ un tiers. Si le nouveau taux de mortalité est correct, cela nous ramène à la case départ ».

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La variante britannique du coronavirus SARS-CoV-2 possède une mutation appelée N501Y sur sa protéine de pointe, qui pourrait la rendre 30% plus mortelle et 70% plus infectieuse. © AFP

Les résultats sont également inquiétants concernant d’autres variantes identifiées en Afrique du Sud et au Brésil. Des images ont été diffusées montrant Matt Hancock, le secrétaire à la Santé, affirmant qu’il y avait « des preuves dans le domaine public » que la variante sud-africaine réduisait l’efficacité du vaccin « d’environ 50% ».

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« Nous avons une partie de la variante sud-africaine à Porton Down et nous la testons. Nous avons un essai clinique en cours en Afrique du Sud pour vérifier que le vaccin AstraZeneca fonctionne. Néanmoins, si nous vaccinions la population et que nous constatons ensuite une nouvelle variante qui échappe au vaccin, nous serions de retour, là aussi, à la case départ ».

Royaume-Uni : des chiffres qui peinent à diminuer

Les chiffres officiels publiés vendredi suggèrent que les taux d’infection diminuent au Royaume-Uni, mais très lentement. L’enquête de l’Office for National Statistics, basée sur des prélèvements provenant de ménages sélectionnés au hasard, a révélé qu’entre le 3 et le 16 janvier, 1.9% des habitants en Angleterre, soit une personne sur 55, avaient contracté la COVID — contre environ un sur 50 entre le 27 décembre et le 2 janvier.

Vendredi, 40’261 personnes supplémentaires ont été testées positives pour le virus et 1401 décès ont été signalés. Le chiffre hebdomadaire des décès, de 8686, était en hausse de 16.4% par rapport aux sept jours précédents. Les ministres s’empressent de resserrer les mesures aux frontières afin de protéger les gains durement acquis du programme de vaccination, certains au sein du gouvernement avertissant que des contrôles rigoureux pourraient être en place pendant des mois.

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