Les personnes empathiques auraient plus de facilité à interpréter les émotions des animaux

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| Pixabay
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Pour celles et ceux qui possèdent des animaux de compagnie ou vivent au quotidien avec eux dans le cadre de leur profession, une relation privilégiée peut se développer à travers une sorte de compréhension émotionnelle mutuelle. Les divers signaux corporels (sons, mouvements, expressions, …) émis par les animaux peuvent notamment être interprétés comme étant les reflets de leurs émotions. Dans le but de mieux comprendre de quelle façon nous parvenons à interpréter les émotions des animaux, des chercheurs de l’Université de Copenhague ont découvert que les personnes empathiques sont beaucoup plus réceptives aux signaux émotionnels des animaux. D’autres facteurs, tels que l’âge et le taux d’interaction avec les animaux, jouent également un rôle prépondérant dans la capacité à interpréter l’émotion des animaux.

En général, nous humains sommes capables d’interpréter relativement bien le comportement des animaux, surtout lorsque l’on interagit au quotidien avec eux. Cela se manifeste notamment par le biais de réactions intenses à court terme, provoquées par divers stimuli internes ou externes. Nous avons alors tendance à réagir immédiatement quand nos animaux manifestent un certain niveau d’excitation, et nous parvenons généralement à évaluer si la réaction est positive ou négative.

« Nos résultats montrent que sur la base de ses sons, nous, les humains, pouvons déterminer si un animal est stressé (ou excité) ou non, et s’il exprime des émotions positives ou négatives », indique Élodie Briefer, biologiste comportementale au département de biologie de l’Université de Copenhague, et auteure principale de la nouvelle étude.

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Dans cette nouvelle étude, publiée dans le prestigieux journal The Royal Society Publishing, les scientifiques cherchent à décrypter cette relation émotionnelle entre l’Homme et l’animal. La notion de bien-être animal se définit en effet par la vie émotionnelle des animaux, et les recherches dans ce domaine permettraient d’en améliorer la compréhension. Cette capacité est très importante pour les personnes travaillant étroitement avec des animaux, comme les zoologistes, les vétérinaires ou les fermiers.

Plus précisément, les chercheurs tentaient de découvrir les traces d’un système émotionnel commun aux mammifères. Il s’agirait des premiers tests des effets de sons de divers animaux sur l’Homme, notamment sur le niveau d’excitation (ou le niveau de stress) et de valence (la nature agréable ou désagréable de l’émotion). Pour ce faire, des facteurs d’influence ont été pris en compte, notamment l’âge, la connaissance approfondie des animaux (acquise par les interactions), ainsi que l’empathie.

« Nous aurions pu utiliser d’autres tests qui mesurent la relation d’une personne avec les animaux, mais pour simplifier, nous nous en sommes tenus à ce test d’empathie particulier », explique Briefer. « Nous constatons une corrélation claire avec la capacité à interpréter les sons des animaux », ajoute-t-elle.

Les meilleurs scores obtenus entre 20 et 29 ans

Pour analyser la façon dont nous pouvons interpréter les signaux émis par les animaux, les chercheurs ont recruté 1024 volontaires issus de 48 pays différents. Ces personnes ont été invitées à écouter des cris de chèvres, de bœufs, de chevaux sauvages asiatiques (chevaux de Przewalski), de chevaux domestiques, de cochons et de sangliers. Des cris d’animaux émis par des acteurs ont également été donnés à écouter aux participants, afin d’évaluer s’ils pouvaient distinguer les vrais animaux des imitations.

Pour le niveau d’excitation, les réponses correctes étaient de 54,1%, tandis que la capacité à évaluer correctement la valence était de 55,3% en moyenne. De plus, si la personne travaillait avec des animaux ou était en interaction directe avec ces derniers au quotidien, elle parvenait beaucoup plus facilement à évaluer l’émotion des animaux en écoutant leurs cris, même si ces derniers ne lui étaient pas familiers. L’âge serait également un facteur de poids, car les meilleurs scores aux tests ont été obtenus entre 20 et 29 ans. Les scores les plus bas ont été enregistrés pour les moins de 20 ans, et la capacité à décoder les émotions des animaux régressait également au-delà de 29 ans.

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Fait intéressant, les chercheurs ont été vivement surpris par les bons résultats obtenus par les personnes les plus empathiques envers leurs semblables. Ces personnes auraient « un don » pour décrypter ce que ressentent les animaux à travers leurs cris. Par ailleurs, les animaux domestiques seraient plus faciles à interpréter que leurs congénères sauvages, probablement parce qu’ils interagissent plus avec des humains. Les chercheurs ont également pris en compte le genre, la parentalité et le niveau d’étude, qui n’ont eu aucune influence notable sur la capacité à décrypter l’émotion des animaux, selon les résultats.

Un trait commun aux mammifères

Les chercheurs de la nouvelle étude suggèrent que notre capacité à interpréter les émotions des animaux proviendrait d’un système émotionnel commun entre les mammifères, et qui se serait conservé au cours de notre évolution. Cela s’expliquerait par notre capacité à reconnaître l’excitation chez les animaux, car il y aurait une grande variation (pour les participants à l’étude) entre la capacité à discerner la valence et à comprendre le niveau d’excitation de l’animal (meilleure dans le deuxième cas).

Entre mammifères, nous aurions des façons communes d’exprimer l’intensité de nos émotions, conférant ainsi une capacité innée à interpréter les signaux émis par les animaux. « Nous exprimons l’excitation de manière plus similaire que la valence, car elle est liée aux voies de stress, qui ont été bien préservées au cours de l’évolution chez les mammifères », conclut Briefer.

Source : The Royal Society Publishing

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