Un peu plus d’un an après son achèvement et sa mise en service, le radiotélescope sphérique de cinq cents mètres d’ouverture, dit FAST (abrégé de l’anglais Five Hundred Meter Aperture Spherical Radio Telescope) vient d’effectuer sa première découverte confirmée : les astronomes ont utilisé le plus grand radiotélescope au monde pour repérer une paire de pulsars.

Les étoiles, appelées PSR J1859-01 et PSR J1931-01, ont été détectées par le télescope en août dernier, mais il aura fallu quelques mois supplémentaires pour que le télescope Parkes (en Australie) puisse confirmer la découverte.

Les deux objets sont des étoiles denses en rotation rapide et entourées de champs magnétiques puissants. Ces champs canalisent le rayonnement électromagnétique en un faisceau qui décrit un cercle à chaque rotation. Depuis la Terre, ces objets astronomiques produisant un signal périodique qui semble « pulser » (d’où le nom de pulsar pour ces étoiles à neutrons).

La paire découverte par FAST (également surnommées FP1 et FP2) ne se distingue pas en termes de taille, de vitesse ou de distance. « FP1 est un pulsar avec une période de rotation de 1,83 seconde et une distance estimée de 16’000 années-lumière et FP2 est un pulsar possédant une période de rotation de 0,59 seconde et une distance estimée de 4’100 années-lumière », explique l’ingénieur général adjoint de FAST, Li Di.

À titre de comparaison, le pulsar le plus rapide connu à ce jour, tourne sur son axe 642 fois par seconde. En février dernier, l’Agence spatiale européenne a découvert un pulsar mille fois plus lumineux que ce que les scientifiques pensaient possible. Ce dernier se situe à quelques 50 millions d’années-lumière de la Terre.

Le radiotélescope FAST dépasse l’observatoire d’Arecibo de 305 mètres de large et fait de lui le plus grand radiotélescope de son genre. Des découvertes encore plus impressionnantes sont sûrement encore à venir : « Les deux nouveaux pulsars découverts symbolisent l’aube d’une nouvelle ère de découvertes systématiques par les radiotélescopes chinois », explique Yan Jun, directeur des Observatoires astronomiques nationaux de Chine.

L’installation de ce radiotélescope d’une valeur de 185 millions de dollars US a été effectuée afin de recueillir les ondes radio en provenance des profondeurs de l’espace lointain, permettant aux chercheurs de capter de légères traces de rayonnement provenant d’anciens nuages de gaz à hydrogène, de trous noirs lointains, de pulsars, et peut-être même de signaux extraterrestres.

Le radiotélescope se situe à l’intérieur d’un gouffre géant dans la province du Guizhou, dans le sud-ouest de la Chine, là où le calcaire s’est dissous pour laisser une dépression massive. Il possède 4450 panneaux qui donnent à l’antenne une surface de collecte de 196’000 mètres carrés (ce qui représente plus du double de la couverture d’Arecibo).

Cela permet de collecter plus d’ondes radio, ce qui signifie qu’il peut également détecter des signaux plus faibles : précisément ce dont nous avons besoin pour voir plus profondément dans l’espace (et par conséquent, plus loin dans le temps). De plus, ce creux au milieu des collines environnantes fournit un abri naturel contre les ondes radio terrestres, permettant à FAST d’observer tranquillement l’espace.

De plus, le radiotélescope pourrait également être utilisé pour surveiller les vaisseaux spatiaux voyageant vers Mars, dans le cadre du programme spatial de la Chine. En effet, la Chine a fait des progrès extraordinaires dans le domaine de la technologie spatiale au cours de ces dernières années, notamment en facilitant la toute première liaison quantique cryptée par satellite, il y a de cela quelques semaines à peine.

Plus tôt cette année, la China Aerospace Science and Technology Corporation annonçait qu’elle prévoyait 30 lancements dans l’espace durant 2017, conservant ainsi sa tendance de ces dernières années, afin d’atteindre son objectif d’atterrir sur Mars d’ici 2020.

Quelques tests sont encore à effectuer pour le radiotélescope afin de lui permettre d’affiner ses différents processus, mais FAST est un bel exemple démontrant à quel point les progrès technologiques dans ce domaine sont rapides.

Source : Chinese Academy of Sciences

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