Les viandes transformées et la charcuterie telles que le salami, le bacon, ou encore le beef jerky, sont consommées par un grand nombre de personnes pour leur facilité de consommation, la plupart de ces viandes ne demandant aucune cuisson. Et ce malgré les recommandations de les consommer modérément en raison de leur haute teneur en acides gras saturés et en sodium. Cependant, un autre composé ajouté, le nitrate, déjà pointé du doigt pour de possibles effets néfastes sur la santé, pourrait également contribuer à des périodes de manies inquiétantes.

Jusqu’ici, de nombreux facteurs génétiques ou environnementaux, tels que des infections durant le développement du cerveau, la consommation d’alcools et de cigarettes durant la grossesse, ou encore des chocs à la tête, étaient pointés du doigt quant à leur rôle sur l’apparition de certains troubles bipolaires, mais aucune véritable conclusion a permis d’expliquer la cause de ces maladies mentales.

Les chercheurs tentent à présent de trouver d’autres facteurs environnementaux pouvant être liés à ces désordres psychologiques, comme la diète. De précédentes études avaient déjà démontré l’implication d’une diète très riche en sucre dans l’apparition de ces symptômes.


Vous allez aussi apprécier :

Éliminer ce type de graisse pourrait sauver plus d’un demi-million de vies chaque année


Un groupe de l’université John Hopkins a démontré chez des patients ayants des symptômes de manie un possible lien entre de longues périodes d’hyperactivité, d’insomnie, ou encore des pertes d’attention, avec la consommation de viandes traitées. En effet, ils ont constaté que les patients hospitalisés pour ces désordres mangeaient trois fois plus ces types de viandes que des personnes n’ayant pas d’antécédents de graves troubles psychiatriques.

Ils ont effectué un sondage sur 700 patients souffrant de troubles bipolaires, où ils leur demandaient par exemple s’ils consommaient fréquemment de la viande séchée ou de la viande peu cuite. Le sondage a montré qu’un très grand nombre de patients atteints de manie consommait beaucoup de viande traité.

L’un des produits pouvant en être la cause est le nitrate, un conservateur présent dans les viandes traitées, déjà soupçonné de favoriser certains cancers et maladies neurodégénératives, laissant présumer au groupe de chercheurs son implication dans certains troubles bipolaires telle que la manie.

Ils ont ensuite testé sur des rats si leur attitude serait modifiée en les faisant consommer des viandes riches en nitrate. Pour ce faire, ils ont formé trois groupes : le premier devait consommer de la viande contenant du nitrate, le deuxième groupe de la viande sans nitrate et le dernier, un simple groupe contrôle, ne devait pas consommer de viande.

Au bout de quelques semaines de diète, le premier groupe de rats a montré des signes de comportements maniaques, comme l’hyperactivité ou l’insomnie. Le deuxième groupe se comportait comme le groupe de contrôle, c’est-à-dire qu’il ne montrait pas de comportement typique des maniaques.

En observant leur intestin, ils ont remarqué dans le premier groupe des modifications de la composition de la flore microbienne. Des voies de signalisations moléculaires dans leur cerveau ont aussi été bouleversées. On pourrait se poser la question : quel est le lien entre les bactéries dans l’intestin et une altération du fonctionnement du système nerveux ainsi que du cerveau ?

De précédentes recherches avaient déjà montré l’effet de l’apport de médicaments et d’aliments riches en nitrates sur des bactéries présentes dans le système digestif. Cela pouvait engendrer une dilatation inhabituelle des vaisseaux sanguins ainsi que des migraines.

Il est donc fort probable qu’il y ait aussi des conséquences au niveau de la flore intestinale affectant aussi notre système nerveux. Il est déjà connu que ces deux organes sont fortement liés.

« De futurs travaux sur cette association pourraient mener à des interventions diététiques pour aider à réduire le risque d’épisodes maniaques chez les personnes atteintes de troubles bipolaires ou qui sont autrement vulnérables à la manie » déclare Robert Yolken, principal auteur de l’étude.

Même si l’étude n’est pas encore entièrement concluante, cette information peut être déjà utile pour les personnes souffrant de ces types de troubles bipolaires. Peut-être qu’en essayant eux-mêmes de ne plus consommer ces viandes traitées, ils remarqueront une amélioration.

Source : Nature

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.