Comme chaque année lors du changement d’heure, qui a eu lieu la semaine dernière, de nombreuses personnes se sont questionnées à nouveau « mais pourquoi est-ce que nous faisons ça ? ». Mais récemment, les discussions ont été quelque peu différentes, car les scientifiques trouvent de plus en plus de preuves suggérant que notre santé en souffre, plutôt que l’inverse.

En réalité, nos corps ne savent pas quelle heure il est, ils ne savent pas quel jour il est. Ils sont régis par une horloge biologique interne, ou circadienne, qui fonctionne par rapport à la présence et l’absence de la lumière naturelle.

Lorsque la lumière du jour est présente, nous recevons une dose d’hormones qui nous permet de nous réveiller, et quand il fait noir, notre corps produit des hormones pour nous calmer et nous rendre somnolent. Les chercheurs ont constaté que lorsque nous ignorons ce mécanisme fondamental et forçons notre corps à fonctionner selon des horaires arbitraires, nous mettons notre santé en péril.

« Il a déjà été prouvé que les élèves qui doivent aller à l’école à 7h30 sont moins performants que les élèves qui commencent à 8h30, car nous pensons qu’ils combattent leur rythme circadien », a expliqué Gari Clifford, spécialiste des troubles du sommeil à l’Université Emory (USA). « Plutôt que de forcer tout le monde à se lever plus tôt, il pourrait être plus logique que tout le monde se lève plus tard », a-t-il ajouté.

Les fuseaux horaires mondiaux qui sont actuellement mis en place à travers le monde entier ont été créés lors de la conférence internationale du méridien (également appelée conférence internationale de Washington), qui a réuni 25 pays dans le but d’uniformiser le partage des fuseaux horaires à travers le monde entier, en 24 fuseaux horaires, chacun de 15 degrés de large, et de choisir le méridien international de référence, soit le méridien zéro (le méridien de Greenwich, à Londres).

Mais est-il temps de penser à réduire le nombre de fuseaux horaires ? Et si nous vivions tous selon un seul et unique fuseau horaire universel, comme le font les pilotes par exemple (qui se basent sur le temps universel coordonné, ou UTC). Nous nous lèverions encore le matin, puis irions-nous coucher le soir, mais à l’échelle globale, le temps serait le même sur toutes les horloges. « Concernant la vie quotidienne, rien ne changerait réellement, hormis une chose : toutes les personnes à travers le monde entier liraient la même heure sur leurs montres et au même temps », a expliqué l’économiste Steve H. Hanke, de l’Université Johns Hopkins (USA).

Hanke n’est pas étranger aux idées radicales sur la manière dont nous gérons le temps à l’échelle mondiale. Avec l’astrophysicien Richard Conn Henry, également de l’Université Johns Hopkins, il propose un nouveau type de calendrier, qui reste exactement le même, année après année, et ce pour toujours. Selon ce calendrier, chaque Noël pour le reste du temps tomberait (par exemple) un dimanche.

Il en irait de même pour votre anniversaire : si vous êtes nés un jeudi, alors la date de votre anniversaire tomberait toujours sur un jeudi. Il faut savoir que le calendrier que nous utilisons aujourd’hui date d’il y a environ 400 ans et qu’il s’agit d’une itération conçue par le pape Grégoire en 1582, basée sur celle instituée par Jules César en 46 avant Jésus-Christ.

C’est en utilisant des modèles informatiques et des formules mathématiques que Henry et Henke ont mis au point l’idée du calendrier permanent, dans lequel chaque date spécifique de chaque mois tombe le même jour de la semaine, chaque année. Donc, le 1er juin pourrait toujours être un lundi, par exemple. Il n’y aurait pas non plus d’années bissextiles. Au lieu de cela, les mois de septembre, juin, mars et décembre auraient tous 31 jours, et le reste des mois auraient 30 jours. Cela fonctionne selon une formule mathématique précise : une tendance trimestrielle prévisible de 91 jours, composée de deux mois de 30 jours et un troisième mois de 31 jours. Et ainsi de suite.

« Notre plan offre un calendrier stable qui est absolument identique d’année en année et qui permet la planification permanente et rationnelle des activités annuelles, de l’école au travail », explique Henry. « Pensez à combien de temps et d’efforts sont consacrés chaque année à la refonte du calendrier de chaque organisation à travers le monde et il devient évident que notre calendrier rendrait la vie beaucoup plus simple et aurait des avantages notables », ajoute-t-il.

L’équipe de scientifiques assure en effet qu’il existe un avantage économique sérieux à changer nos calendriers. « Notre calendrier simplifierait les calculs financiers et éliminerait ce que nous appelons le facteur « arnaque » », explique Hanke. « Afin de déterminer le montant des intérêts sur les hypothèques, les obligations, les contrats à terme, les taux, les swaps et autres, il est nécessaire de compter les jours. Notre calendrier actuel est plein d’anomalies qui ont conduit à l’établissement d’un large éventail de conventions visant à simplifier les calculs d’intérêts », ajoute-t-il.

Sources : Johns Hopkins University, CNN

Une réponse

  1. Gérard Lignier

    Il y a déjà eu des projets de changement de calendrier, mais ils se heurtent aux traditions culturelles. Il serait en réalité hasardeux d’entreprendre une telle réforme, trop uniforme. Notre calendrier a bien des défauts mais il est vivant, il bouge d’année en année. Certes la date de Pâques est mouvante et on lui a reproché autrefois de rallonger ou de raccourcir les trimestres scolaires quand des vacances scolaires étaient attachées à la date de Pâques. Il y a deux solutions à ce problème : soit attacher une fois pour toutes Pâques au dernier dimanche de mars ou au premier d’avril, soit baser les vacances de Pâques à la fin de mars, on parlerait alors de vacances de Printemps et non plus de vacances de Pâques.

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