C’est à présent officiel, la Russie et les États-Unis vont s’unir pour travailler ensemble sur la toute première station lunaire !

Au printemps de l‘année 2017, la NASA révélait le futur objectif du Space Launch Système (SLS), un lanceur spatial lourd : il sera utilisée pour construire la passerelle Deep Space, une station spatiale en orbite cislunaire (l’espace sphérique se trouvant autour de la Terre jusqu’à la limite de l’orbite de la Lune), qui servira de véritable tremplin à l’exploration du Système solaire.

Jusqu’à aujourd’hui, nous supposions que ce projet serait exclusivement mis en place par la NASA, qui construirait la station spatiale par le biais de plusieurs lancements du SLS, prévus entre 2021 et 2026. Cependant aujourd’hui, la NASA et l’Agence spatiale russe Roscosmos ont annoncé que c’est ensemble qu’ils construiront la passerelle Deep Space. Les deux agences ont signé l’accord en Australie, lors du 68e Congrès international d’astronautique.

Quel sera exactement le rôle de la Russie dans ce projet ? Selon TASS, les responsables russes ont déclaré qu’ils fourniraient un à trois modules pour la station, ainsi que le mécanisme d’amarrage que les engins spatiaux utiliseront lors de l’approche de la station.

La Russie a également proposé de transporter certaines des pièces de la station grâce à son nouveau lanceur super lourd. Ils n’ont pas encore spécifié de quelle fusée il s’agit, mais cela pourrait être la fusée Angara, qui est en cours de développement et qui devrait effectuer ses premiers vols au cours des prochaines années.

La passerelle Deep Space sera principalement dédiée aux missions d’exploration spatiale habitées de la NASA, une fois que le SLS et le Orion Crew Module seront terminés.

Il est prévu que le premier lancement du SLS contienne une capsule d’Orion (sans pilote) sur un vol trans-lunaire, en 2018. Ensuite, le SLS sera également utilisé pour propulser Europa Clipper vers le système jovien (cette mission a pour but d’étudier Europe, l’une des lunes de Jupiter).

La stratégie initiale de l’agence spatiale était de lancer le SLS entre 2021 et 2023, apportant le module Solar Power Electric Bus sur la station, puis le module Habitation en 2024. Ensuite, en 2025, le module Logistique et finalement, le module Airlock en 2026.

À ce stade, la NASA a sollicité des propositions de diverses entreprises aérospatiales quant au développement du module d’alimentation et d’habitation, mais n’a pas indiqué que la participation de la Russie aurait un impact quelconque sur la construction de ces modules.

Nous ne savons pas encore exactement quels changements seront engendrés par le fait que la Russie se joigne au projet. Bien entendu, les Russes ont déjà participé à la construction de la Station spatiale internationale (ISS). Ils ont fourni le module Zarya pour la propulsion et l’orientation de la navigation, les Zvezda pour les quartiers d’habitation, ainsi que les modules d’accueil Pirs, Poisk et Rassvet. Ils ont également fourni ce qui n’est autre que l’unique système permettant l’accès humain à la station, soit par le biais de leurs fusées Soyouz.

Jusqu’à récemment, la Russie menaçait de cesser de soutenir l’ISS avant qu’elle ne prenne sa retraite. Mais, plus tôt au cours de cette année, l’agence a annoncé soutenir l’ISS jusqu’en 2024, voire même jusqu’en 2028 si nécessaire. Elle a également poursuivi son travail sur le Nauka, également appelé Multipurpose Laboratory Module (ou MLM), dont le lancement était initialement prévu pour 2007, et devrait être rattaché à l’ISS en 2018.

Avant d’annoncer sa participation à la passerelle Deep Space, la Russie avait déclaré qu’elle investirait probablement dans le développement de sa propre station spatiale orbitale, une fois la mission de l’ISS terminée.

Mais il ne s’agit pas là de la seule annonce impliquant Deep Space. Il pourrait également exister un projet de voile solaire. En effet, les ingénieurs de l’Agence spatiale canadienne ont proposé de joindre une petite voile solaire à la passerelle, ce qui pourrait servir à réorienter la station spatiale sans nécessiter de propulseurs.

Sources : NASA, Planetary Society

2 Réponses

  1. jean-louis Peyraut

    Les deux vieux rivaux contraints de s’associer … faute de pognon, sans doute !… Mais la concurrence se précise … et l’Europe ( ESA ) finira par prendre son indépendance cosmique , avec son ATV qui sert de camion-benne pour l’instant !..
    Avec 40 ans de retard, l’épopée de l’Espace va pouvoir enfin à nouveau se déployer !… Espérons que ce ne soit pas trop tard pour la planète Terre !…

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