À ce jour, les astronomes ont découvert de nombreuses exoplanètes : des planètes situées en dehors du Système solaire, orbitant autour d’étoiles similaires au Soleil. Mais la chasse aux exolunes (ou lunes extrasolaires) situées autour de ces planètes, se poursuit également. Des astronomes de l’Université de Columbia, aux États-Unis, pensent avoir découvert la première d’entre elles ! 

L’exolune potentielle a été découverte grâce au télescope Kepler de la NASA, et pourrait éventuellement nous en apprendre beaucoup sur la manière dont se forment les planètes, les lunes et les systèmes d’étoiles.

En effet, une exolune est une lune qui orbite autour d’une exoplanète (située donc en dehors du Système solaire). De nombreuses lunes ont été découvertes dans notre Système solaire, ainsi que de nombreuses exoplanètes, mais à ce jour, aucun objet de ce type n’a encore été formellement identifié hors du Système solaire.

Pour la découvrir, les chercheurs ont utilisé la technique du transit planétaire : cette méthode repose sur la mesure de faibles variations périodiques de la luminosité d’une étoile, lorsqu’une planète (ou autre objet stellaire) passe devant elle. Les astronomes ont détecté une oscillation se produisant dans la lumière réfléchie par une planète, et provoquée par le transit de l’exolune potentielle.

En raison de l’extrême distance de ces objets, la lumière réfléchie observée par les astronomes est très faible, mais ils ont tout de même annoncé avoir détecté trois événements de ce type lors des trois passages observés devant l’étoile.

Jusqu’à présent, cette potentielle exolune a réussi à passer le premier ensemble de tests imposés par les chercheurs. Elle possède également son propre nom : Kepler-1625b I. « Nous sommes enthousiasmés par cette nouvelle », annonce un membre de l’équipe, David Kipping, de l’Université de Columbia aux États-Unis. « Statistiquement, formellement, c’est une probabilité très élevée (qu’il s’agisse bien d’une exolune) », ajoute-t-il.

Cette recherche fait partie d’un projet plus vaste appelé The Hunt for Exomoons with Kepler (HEK – la chasse aux exolunes par Kepler), qui vise à effectuer une recherche systématique de galaxies en dehors de la Voie lactée, en utilisant les capacités du télescope Kepler. Il faut savoir que cet observatoire spatial en orbite peut analyser la luminosité de plus de 145’000 étoiles dans son champ de vision fixe.

La candidate pour être la toute première exolune découverte a été observée autour d’une étoile située à quelques 4000 années-lumière de la Terre et serait de la taille de Neptune (inspirant les membres de l’équipe de recherche à la surnommer Nep-moon, Nep-lune en français). La planète autour de laquelle cette exolune semble orbiter, Kepler-1625b, serait quant à elle de taille similaire à celle de Jupiter.

L’hypothèse actuelle des chercheurs est que la grande attraction gravitationnelle de Kepler-1625b a attiré la lune Kepler-1625 I en orbite, à un moment donné. La prochaine étape consiste à effectuer des analyses complémentaires, notamment en utilisant le télescope spatial Hubble de la NASA, en octobre prochain, ce qui devrait confirmer (ou non) qu’il s’agit bien d’une exolune.

Cette découverte pourrait être bien plus importante qu’un simple repérage de lune lointaine : en effet, comme nous l’avons constaté avec les lunes de Saturne dans notre propre système solaire, ces objets rocheux pourraient posséder des conditions plus habitables que certaines planètes. Le travail des astronomes n’a pas encore été publié dans un journal évalué par des pairs. Actuellement, d’autres astronomes n’ont donc pas encore eu l’occasion d’analyser les résultats. Bien que les chances qu’il s’agisse réellement d’une exolune soient donc élevées, nous devrons attendre le résultat d’analyses complémentaires.

Les chercheurs restent optimistes : « Je dirais que c’est le meilleur [candidat] que nous ayons eu jusque-là », a déclaré Kipping. « Presque à chaque fois que nous découvrons un candidat, et qu’il passe nos tests, nous mettons sur pied des tests supplémentaires jusqu’à ce qu’il finisse par céder – jusqu’à ce qu’il échoue à l’un des tests… Dans ce cas, nous avons appliqué tout ce que nous avions déjà mis en place, et tous les tests ont été passés avec succès. En revanche, nous n’avons pour le moment que ces trois événements d’observations », a-t-il ajouté.

La découverte va devoir être analysée par des pairs, mais il est déjà possible de lire l’étude sur le site arXiv.org.

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