La semaine dernière, nous vous prévenions d’une annonce imminente de la part de la NASA à propos d’Europe, une des lunes de Jupiter. Voici un résumé de cette annonce, ayant eu lieu à 20h00 (heure française) et diffusée en direct sur le site de la NASA.

Des panaches d’eau révélés par Hubble !

Des astronomes utilisant le télescope spatial Hubble de la NASA ont imagé ce qui pourrait bel et bien être des panaches de vapeur d’eau en éruption sur la surface de la lune de Jupiter, Europe. Cette constatation renforce d’autres observations de Hubble suggérant l’éruption à haute altitude de panaches de vapeur d’eau sur la lune glacée.

L’observation fait donc croître la possibilité que les missions sur Europe puissent être en mesure de « goûter » à l’océan de la lune sans forcément avoir à percer l’épaisse couche de glace.

« L’océan d’Europe est considéré comme l’un des endroits les plus susceptibles d’abriter de la vie au sein de notre système solaire », a déclaré Geoff Yoder, administrateur associé de la Direction des missions scientifiques de la NASA à Washington. « Ces panaches, si elles existent bel et bien, peuvent fournir une autre façon d’analyser le sous-sol d’Europe ».

On estime que les panaches peuvent atteindre une hauteur de 200 kilomètres avant de, sans doute, retomber sur la surface d’Europe. La lune possède un énorme océan global contenant deux fois plus d’eau que les océans présents sur notre Terre, mais il est protégé par une couche de glace très froide et d’une d’épaisseur inconnue (bien qu’elle soit estimée comme étant très épaisse). Les panaches offrent donc une occasion alléchante pour recueillir des échantillons provenant de sous la surface sans avoir à percer à travers la glace.

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Vue d’artiste de ce à quoi pourraient ressembler les panaches sur la lune Europe. Crédits : Nasa

L’équipe, dirigée par William Sparks du Space Telescope Science Institute (STScI) à Baltimore, a observé ces projections, semblables à « des doigts » disent-ils, lors de la visualisation d’Europe pendant son passage devant Jupiter.

L’objectif initial de cette observation proposée par l’équipe était de déterminer si Europe possède une mince atmosphère étendue, ou une exosphère. En utilisant la même méthode d’observation, permettant de détecter la présence d’une atmosphère autour de planètes en orbite autour d’autres étoiles, l’équipe a réalisé qu’il y avait de la vapeur d’eau à la surface d’Europe, cette observation serait donc une excellente façon de le voir.

« L’atmosphère d’une planète extrasolaire bloque une partie des rayons lumineux de l’étoile se situant derrière elle », explique Sparks. « S’il y a une atmosphère mince autour d’Europe, elle serait donc potentiellement capable de bloquer une partie de la lumière en provenance de Jupiter, et nous avons pu le voir : c’était comme une silhouette. Et donc, nous cherchions des caractéristiques d’absorption autour de la bordure visuelle d’Europe pendant qu’elle transitait devant la surface gazeuse de Jupiter ».

Dans 10 occurrences distinctes couvrant 15 mois, l’équipe a observé Europe lorsqu’elle passait devant Jupiter. Ils ont alors pu observer ce qui pourrait être des panaches d’éruption lors de trois de ces observations.

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Identification des geysers sur Europe. Crédits : HST STIS/MAMA

Ce travail fournit des preuves à l’appui concernant les panaches d’eau sur Europe. En 2012, une équipe dirigée par Lorenz Roth du Southwest Research Institute à San Antonio, avait découvert des preuves de la présence de vapeur d’eau en éruption dans la région polaire sud d’Europe et avait estimé que ceux-ci pouvaient atteindre une hauteur de plus de 160 kilomètres. Bien que les deux équipes aient toutes deux utilisé le spectrographe d’imagerie du télescope spatial Hubble, chacune utilisait une méthode totalement indépendante pour finalement arriver à la même conclusion.

« Lorsque l’on a calculé, d’une manière complètement différente, la quantité de matière nécessaire pour créer ces caractéristiques d’absorption, nous avons obtenu des résultats assez semblables à ceux de Roth et son équipe », explique Sparks. « Les estimations concernant la masse sont semblables, celles concernant la hauteur des jets sont également semblables. La latitude de deux des geysers candidats que nous avons pu observer correspond également à ce qu’ils ont pu trouver ».

Mais pour l’instant, les deux équipes n’ont pas encore pu détecter de panaches de manière simultanée en utilisant leurs mêmes techniques indépendantes. À ce jour, les observations effectuées ont suggèrent que les panaches puissent être très variables, ce qui signifie qu’ils peut y avoir une augmentation soudaine d’activité pendant un certain temps pour ensuite laisser place à des périodes très calmes. Par exemple, des observations menées par l’équipe de Roth durant la même semaine dont avait eu lieu l’une des éruptions détectée par l’équipe de Sparks, n’ont permis de détecter aucuns panaches.

Mais si la présence globale de ces geysers géants est confirmée, Europe serait alors la deuxième lune au sein du système solaire possédant des panaches de vapeur d’eau. En 2005, la sonde Cassini de la NASA avait détecté des jets de vapeur d’eau ainsi que de la poussière projetée depuis la surface de la lune de Saturne, Encelade.

Les scientifiques pourront exploiter la vision infrarouge du télescope spatial James Webb de la NASA, dont le lancement est prévu pour 2018, afin de confirmer la présence de ces geysers sur Europe. La NASA élabore également une mission sur Europe destinée à relever des données essentielles, ce qui pourrait alors permettre de les étudier de près lors de plusieurs survols.

VIDÉO (en anglais) : explications de l’annonce par la Nasa


Source : Nasa

 

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