Bien que la modification génétique d’embryons humains suscite d’intenses débats, le scientifique suédois Fredrik Lanner de l’Institut Karolinska à Stockholm, travaille sur le sujet pour la première fois. Il espère notamment trouver de nouveaux traitements concernant l’infertilité et les fausses couches.

Le scientifique Fredrik Lanner, de l’Institut Karolinska à Stockholm en Suède, espère trouver de nouveaux traitements concernant l’infertilité et les fausses couches, en utilisant l’innovante technologie d’édition de gènes CRISPR-cas9. En effet, il va désactiver ces gènes dans les embryons afin d’observer quels rôles ils jouent dans le développement précoce de ces derniers.

Cela fait du chercheur, le premier scientifique à effectuer ce type de recherches sur des embryons humains. Ce genre d’expérience a longtemps été considéré comme tabou (et l’est toujours?), notamment pour des raisons de sécurité et d’éthique. Par exemple, beaucoup craignent que des modifications génétiques ratées puissent conduire les bébés à contracter de nouvelles maladies héréditaires. Cependant, Lanner explique que ce type de recherche est fondamental pour tenter d’éviter ces situations. Son but premier étant de trouver un moyen de traiter l’infertilité et prévenir les fausses couches, le chercheur espère également en apprendre plus sur le développement des gènes à ce stade précoce, ce qui pourrait par la suite, espère-t-il, aider à guérir certaines maladies.

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Fredrik Lanner (à droite) de l’Institut Karolinska à Stockholm aux côtés d’un étudiant, examinant une image agrandie d’un embryon humain modifié. Crédits : Rob Stein/NPR

Certains craignent également que ce type d’expérience pourrait ouvrir la porte à une véritable sélection de bébé par des parents, qui souhaiteraient supprimer certaines caractéristiques chez leur futur enfant, ce qui ferait entrer notre société dans une nouvelle ère : une ère dans laquelle ces bébés modifiés pourraient être considérés comme biologiquement supérieurs. Mais là encore, Lanner a annoncé qu’il n’y a aucun intérêt à faire une chose pareille et que de toute manière, « beaucoup plus de recherches seraient nécessaires pour simplement arriver à faire de telles choses et pour assurer la sécurité des futurs bébés génétiquement modifiés. C’est une technologie qu’il ne faut pas prendre à la légère. Bien entendu, je suis totalement contre toute ces sortes de pensées qu’il faudrait concevoir des bébés améliorés pour une quelconque raison », explique-t-il.

« Avoir des enfants est très important pour beaucoup de personnes (…) et pour ceux qui sont en difficulté, cela pourrait devenir très important par la suite », annonce Lanner. « Si nous pouvions comprendre comment ces cellules précoces se développent dans l’embryon, nous pourrions à l’avenir trouver des traitements pour les patients souffrant de diabète, de Parkinson, ou encore différents types de cécité ainsi que bien d’autres maladies. C’est un autre domaine passionnant de la recherche », conclut-il.

Actuellement Lanner prévoit de continuer les modifications d’ADN dans les embryons humains jusqu’à ce qu’il soit en mesure de développer des techniques d’édition efficaces, qui permettront d’étudier les gènes impliqués dans le développement embryonnaire précoce.

Source : NPR
Crédit image de titre : Vinicius Marra

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